Mostre, Rencontres

songs without words

Mathieu Schmitt

Immagini dell'evento

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En synergie avec le Congrès International de l’Intelligence Artificielle/ WAICF / qui aura lieu à Cannes du 14 au 16 avril 2022, nous présentons une sélection d’oeuvres de Mathieu Schmitt qui utilise et manipule les nouveaux outils numériques, algorithmes et microcontrôleurs, à des fins artistiques.

Un salon de musique

S’il est un travail qui éveille la curiosité et fascine à la fois, c’est bien celui de Mathieu Schmitt. Pour la galerie Catherine Issert, l’artiste a savamment construit une installation sonore et visuelle sans nécessairement dissimuler les moyens de sa réalisation. Il n’en demeure pas moins qu’on cherchera à s’expliquer Songs without words, à percer l’intelligence du système et à remonter aux impulsions premières. Un moteur derrière l’assemblage ? Ou seulement des entités reliées entre elles ? Et, si compatibilité il y a entre les « objets » en présence, selon quelle loi exactement ? Des procédés aux procédures élaborés par l’artiste, on se posera ces questions ; à moins que, pris par la force plastique de la composition ainsi établie, on décide de se laisser porter par la part du sensible qui s’en dégage, installé confortablement dans ce que Mathieu Schmitt a également imaginé pour le public : une sorte de salon de musique où il fait bon méditer sur ses propres sensations, outre l’alliance réussie de l’art et de la technologie. Car l’artiste a tout orchestré sans en avoir l’air, de la programmation des cartes arduino qui logent dans ses sculptures jusqu’à l’atmosphère. La visite de son atelier, lieu de création où l’intelligence s’exerce et joue avec le matériel à disposition, en est le signe patent.

Aristote avait reconnu aux végétaux une âme rudimentaire, mais une âme tout de même. Mathieu Schmitt, pour sa part, aime introduire l’idée que les cactées pourraient « sentir » et même, posséder un sens esthétique, s’adonnant au plaisir d’improvisations musicales où des nappes sonores se répondent en d’étranges harmonies. Et que penser des ordinateurs actuels qui, dans le sillage de ceux de Manfred Mohr ou d’autres pionniers du numérique (l’artiste connaît ses classiques !) seraient capables, à partir de data recueillies dans des sociétés informatiques de pointe, de générer des images « À la manière de » ? Sans compter les « parades » ou espèces de chorégraphies auxquelles se livrent ces éléments de robotique que l’artiste a su équiper de webcam selon l’humour qui est le sien. Mais qu’on ne s’y trompe pas, si on se sent attiré pas ces dispositifs, c’est moins par une familiarité croissante avec le monde de la technologie, ou par la connaissance de certaines avancées scientifiques concernant le vivant par exemple, que par ce qui s’y opère : une forme de réconciliation avec notre temps, réconciliation faussement naïve évidemment !

Ondine Bréaud-Holland – Décembre 2021

 

À propos de l’artiste 

Mathieu Schmitt, diplômé de la Villa Arson, École Nationale Supérieure d’Art de Nice, en 2009, joue de au travers du prisme de l’art, de la technique, du multimédia, et de l’électronique. Un théoricien fournit le point de départ de son travail : Heinz Von Foerster, l’un des pères de la cybernétique. Selon lui, constate Mathieu Schmitt, «les systèmes numériques, qui ne laissent plus aucune place à l’erreur, ont fait leur temps». L’artiste aime décaler le point de vue, il s’active d’ailleurs à se faire déborder par ses oeuvres. À cette fin, il met en place des dispositifs permettant à ses sculptures d’acquérir une certaine autonomie. Dès lors, dans sa production, des plantes vertes en pot choisissent elles-même leur niveau de luminosité, elles composent des poèmes ou des tableaux, un monumental Ouija communique avec l’au-delà… Maniant la technique avec humour, l’artiste s’en sert comme d’un vecteur permettant l’interprétation du monde. Dans son oeuvre, Mathieu Schmitt met sa maîtrise au service de l’incident, de l’accident, il se met ainsi en quête de vivant.

ÉVÈNEMENT :

Artificial Intelligence

Du 19 au 23 avril 

Dans le cadre de l’exposition songs without words de Mathieu Schmitt et pour faire suite au World Artificial Intelligence Festival organisé à Cannes du 14 au 16 avril, la galerie organise une manifestation du 19 au 23 avril autour de l’intelligence artificielle dans l’art. Ces quelques jours temps fort, offriront un panorama d’expériences scientifiques et artistiques contemporaines avec Alberto Sanna, Piera Riccio et Francesco Galati mais aussi historiques avec Vera Molnar, artiste pionnière dans ce domaine.

 

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