Performance

Performance Uroboro (speculare), de Giuseppe Fabris

Septembre 2022, c’était la première fois que j’entrais dans un bunker…

« … La première chose qui me frappe à propos de ce lieu, c’est qu’il perd
complètement son caractère secret et mystérieux dès lors que l’on habite son
espace. Le son amplifié et presque perturbant que crée le moindre mouvement
m’a rappelé la nef d’une cathédrale.
Je perçois ainsi le premier binôme spéculaire. Je réfléchis à l’éventuel texte
devant accompagner la performance : c’est le son et son retour, l’écho et son
double, son autre-que-soi.
Puis, ayant accepté le procédé spéculaire, je veux souligner à la fois non
seulement les traces et les témoignages du lieu mais aussi la sobriété et la
froideur de la structure avec une sorte de collier de journaux des années 1930 et
1940.
La performance se déroule donc dans un lieu `autre‘ au sein même du lieu, cette
spécularité devient ici le signe d’une conséquence d’événements ou, pourquoi
pas aussi, d’un choix de vie, elle devient ici une demeure improvisée, nomade et
éphémère.
Le dernier procédé spéculaire concerne la présence de l’absence, l’invisible,
l’intime qui, en s’amplifiant, devient public, échappant toutefois à la
complaisance impudique du `spectacle’.
Dans cette ` »mise en abyme’ réitérée, la libération éthérée de la mémoire est
audible, elle devient son. En physique, un son se propage dans l’atmosphère en
créant d’autres notes différentes de la note de départ, elles sont appelées
superstructures, cette transformation alchimique et magique donne vie à la mère
de toute musique, l’Harmonie. »

Giuseppe Fabris

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