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Exposition

Larry Bell. Works from the 1970s

L’événement en images

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Larry Bell s’est fait remarquer pour la première fois dans les années 1960 pour sa contribution au mouvement ‘Light and Space’ à Los Angeles.

Larry Bell s’est fait remarquer pour la première fois dans les années 1960 pour sa contribution au mouvement ‘Light and Space’ à Los Angeles. Cette exposition se concentre sur ses oeuvres architecturales des années 1970, connues sous le nom de ‘standing wall’. Les pièces de grand format présentées dans cette exposition comptent parmi ses premières oeuvres les plus ambitieuses et suivent une économie de moyens rigoureuse, radicale et austere. Elles reflètent un changement dans le travail de Larry Bell qui s’est opéré à la fin des années 1960 lorsqu’il abandonna l’utilisation de cadres métalliques dans ses sculptures, au profit de panneaux de verre auto-portants assemblés avec du silicone, lui permettant de travailler à une échelle beaucoup plus grande, déterminée par le corps. Cela l’amena également à s’éloigner de la forme pure du cube pour explorer des géométries architecturales et murales, non seulement des carrés mais aussi des angles et des zigzags. Une sculpture à grande echelle en verre violet et bleu réalisée plus récemment par Bell sera également installée à l’extérieure de la galerie, dans les Jardins de Boulingrins, à partir du 28 juin au 31 août 2024. 

L’exposition réunit quatre grandes sculptures en verre du début des années 1970, ainsi que “Moving Ways”, une oeuvre murale monumentale datant de la fin des années 1970. Ces oeuvres mettent en évidence la contribution historique de Bell à une esthétique très épurée et soulignent la manière dont son travail, à cette époque, s’adresse non seulement au regard du spectateur, mais également au corps récepteur (Bell recourant à la phénoménologie corporelle), soit deux caractéristiques que l’on peut associer au minimalisme. Pour compléter l’exposition, une oeuvre en verre plus récente, vivement colorée, est également présentée à l’extérieur, dans les Jardins des Boulingrins adjacents à la galerie. Rares et de qualité muséale, les oeuvres exposées proviennent essentiellement d’importantes collections italiennes telles que la collection Panza. Parmi elles, « Untitled » (1970), qui fut présentée lors d’une importante exposition monographique consacrée à Larry Bell à Rome en 1974. 

Né à Chicago en 1939, Larry Bell est l’un des artistes les plus renommés et les plus influents de la scène artistique de Los Angeles des années 1960, aux côtés de ses contemporains Ed Ruscha et Robert Irwin. Connu avant tout pour son traitement raffiné de la surface du verre ainsi que pour ses explorations menées autour de la lumière, Bell a élargi dans ses sculptures les champs de perception visuels et physiques, dépassant ainsi les limites traditionnelles du médium. 

Depuis 1969, Larry Bell utilise son propre système de revêtement sous vide, lequel lui permet de déposer de fines pellicules métalliques sur des surfaces en verre, exploitant ainsi une technique peu connue utilisée dans l’industrie aéronautique pour créer un corpus original. 

L’utilisation par Bell de procédés industriels au sein de son studio depuis les années 1960 témoigne de son savoir-faire et de sa passion pour chaque étape de la fabrication de ses sculptures. Selon Bell, « bien que nous ayons tendance à considérer le verre comme une fenêtre, il s’agit d’un liquide solide qui possède trois qualités distinctives : il reflète la lumière, absorbe la lumière et transmet la lumière en même temps ». 

En 1978, Bell a commencé à expérimenter une version modifiée du procédé de revêtement sous vide afin de réaliser sur papier ses « dessins à la vapeur ». Unique, l’oeuvre murale monumentale « Moving Ways » (1978), réalisée par l’application d’aluminium sur du papier noir, comprend cinq dessins accrochés ensemble pour former une composition sur plusieurs panneaux. Dans ses « dessins à la vapeur », Bell contrôle la densité du revêtement métallique, tout comme dans ses oeuvres en verre, afin de varier les degrés de transparence et d’opacité sur leur surface. Ainsi, les dessins émulent et complètent les qualités insaisissables, réfléchissantes et spatiales présentes dans ses oeuvres sculpturales. 

À partir du 28 juin, à l’extérieure dans les Jardins des Boulingrins, l’imposante sculpture « The Blue Gate » (2021) est présenté. Cette oeuvre, bien plus récente, montre l’évolution de la pratique de Bell. Ceci est particulièrement évident dans son adoption magistrale de la couleur, obtenue en employant le médium très différent que constitue le verre feuilleté monochrome. Bien que l’échelle et la relation au corps soient liées aux précédents « Standing Walls », la forme est ici devenue plus complexe grâce à l’utilisation de formes géométriques imbriquées et l’emploi de vitres triangulaires, lesquelles fondent de puissantes diagonales. 

Cette oeuvre est composée de panneaux d’un violet améthyste vibrant et d’un bleu paon. Ces couleurs se chevauchent, révélant une variété de teintes mélangées à travers leurs couches. Elle démontre comment Bell se délecte des contrastes et de la complémentarité des couleurs, tout comme de leur enchevêtrement rendu possible par la transparence particulière qu’offre le verre. Exposée dans la lumière méditerranéenne, celle-là même qui a attiré les artistes à travers les siècles, cette oeuvre demeure particulièrement marquante.

 

Légende et courtesy : 

Toutes les images : 

© Larry Bell
Courtesy de l’artiste et Hauser & Wirth

Larry Bell
Untitled
1970
Inconel coated glass
182.5 x 91 x 0.6 cm / 71 7/8 x 35 7/8 x 1/4 in 

Larry Bell
Two Glass Walls
1971-1972
2 coated glass panels
182.9 x 182.9 cm / 72 x 72 in, each
Photo: Gian Sinigaglia, Felicity Samuel Gallery, London. Panza Collection, Mendrisio 

Larry Bell
Moving Ways
1978
Aluminum on black Fabriano paper; suite of 5 panels
198.8 x 587.4 cm / 78 1/4 x 231 1/4 in
Photo: Nicolas Brasseur 

Larry Bell
The Blue Gate
2021
Peacock and Amethyst laminated non-tempered glass
182.9 x 243.8 x 243.8 cm / 72 x 96 x 96 in
Photo: Alex Delfanne

Larry Bell with ‚Homage to Griffin‘, 1980.
Photo: Tony Vinella. 

Portrait of Larry Bell, 2023
Photo: Kalen Goodluck