Ateliers, Visite

Flora Moscovici, par Camille Paulhan – « Vivre l’atelier dans les espaces d’exposition »

« Je n’y peux rien, les ateliers m’émeuvent ; je voulais proposer pour thankyouforcoming des portraits d’atelier, des propos d’artistes glanés dans ces lieux, devant leurs œuvres. Il n’y est d’ailleurs pas forcément question de ces dernières, mais plutôt de ce qu’un atelier fait à la production artistique, de comment y travaille-t-on, comment y flâne-t-on. » Savoir, […]

« Je n’y peux rien, les ateliers m’émeuvent ; je voulais proposer pour thankyouforcoming des portraits d’atelier, des propos d’artistes glanés dans ces lieux, devant leurs œuvres. Il n’y est d’ailleurs pas forcément question de ces dernières, mais plutôt de ce qu’un atelier fait à la production artistique, de comment y travaille-t-on, comment y flâne-t-on. »

Savoir, au juste, si et comment la lumière spécifique de l’automne sur les carreaux, l’acoustique défaillante ou les odeurs du restaurant mexicain au pied de l’immeuble influent sur les œuvres que produisent les artistes.
Savoir, également, ce qu’on y écoute comme musique, quelles cartes postales ont été punaisées aux murs, si l’on marche sur des bâches, du papier bulle, des points de peinture ou des chutes de papier. Y voir, aussi, les para-œuvres, les infra-œuvres, les pas-tout-à-fait-œuvres, les plus-du-tout-œuvres, et être donc au cœur du moment du choix.
Je n’avais pas très envie qu’apparaissent mes questions, elles se sont donc effacées.

 

Flora Moscovici, La lumière vient du sol, 2016.
Pigments et eau de chaux sur mur, Chapelle de la Trinité,
Bieuzy, L’Art dans les chapelles. Tous droits réservés.

 

Flora Moscovici, par Camille Paulhan

« Vivre l’atelier dans les espaces d’exposition »

Autrefois, on y achetait de la viande. L’atelier de Flora Moscovici, qu’elle partage actuellement avec Yoan Sorin à Douarnenez, a conservé quelques traces de son ancienne activité : c’est discret, mais on repère ici quelques carreaux de faïence immaculée, là une ancienne enseigne. Je ne sais si comme Francis Bacon, l’odeur du sang ne la quitte jamais. Je suis pour ma part honorée, parce qu’on y pénètre peu : il n’a rien du showroom immaculé dans lequel seraient exposées les œuvres comme des trophées. Le sol est tacheté de peinture, indices d’un travail à l’atelier que Flora Moscovici exile pourtant généralement dans les lieux où elle est invitée.
Ce qui frappe, c’est l’infusion de son activité de peintre dans tous les espaces de l’atelier : sa chaise de travail exhale des nuages bigarrés, comme également certains meubles, rappelant le duo Mobilier peint qu’elle forme avec Yoan Sorin. Il y a là des objets en transit, encore emballés, de retour d’exposition, en partance peut-être pour d’autres. Et puis, sur les murs, transpirant sous la dernière couche de peinture blanche, les soupçons d’un essai coloré, rapidement effacé.

Lire la suite ici : http://thankyouforcoming.net/paulhan-moscovici

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