Exposition

Arbre-jaune – Jacques PARIS

Installation

Cette exposition intègre le parcours d’exposition « Des retours d’odyssées » du Musée muséum départemental des Hautes-Alpes.

L’événement en images

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« Dans sa série Arbre-jaune, loin de peindre directement sur le motif, Jacques Paris offre au spectateur « des arbres vus en peintures, qui sont plus vrais que ceux du réel non encore vus ». (1) La figure de l’arbre échappe ici à l’image courante, totale et unifiée, qu’on lui connaît puisque comme le souligne l’artiste, elle multiplie les […]

« Dans sa série Arbre-jaune, loin de peindre directement sur le motif, Jacques Paris offre au spectateur « des arbres vus en peintures, qui sont plus vrais que ceux du réel non encore vus ». (1)

La figure de l’arbre échappe ici à l’image courante, totale et unifiée, qu’on lui connaît puisque comme le souligne l’artiste, elle multiplie les possibles à partir de sa propre expérience esthétique de l’arbre dans la peinture.

En mettant en œuvre sa mémoire de diverses représentations artistiques de l’arbre, l’artiste donne à vivre physiquement au spectateur dans chacune des 7 peintures son incorporation «des tableaux de Piero della Francesca, l’arbre en bribes de fresque de la mort d’Adam d’Arezzo, dans le premier chapiteau corinthien ne subsistant pas, conçu par Ictinos à Bassae, dans les ombres non peintes des pins brumeux d’encre du paravent d’Hasegawa Tohaku, dans le serpent noué au tronc d’un arbre d’Arcadie -aperçu dans l’ultime tableau de Nicolas Poussin- ou dans celui du Jardin d’Eden d’une miniature des Riches Heures du Duc de Berry, ou encore dans le jeune homme effilé porteur de l’ombre de la nuit dans une tombe étrusque à Volterra, et aussi dans le xoanon plein de teinture d’indigo, morceau d’arbre non figuré  qui était placé dans le naos des premiers temples grecs…» (1)

 

Les variations du motif brossé à l’encre de seiche dans les sept variations de pigments jaune de cadmium rendent ainsi visible le fait irréductible d’un corps qui a lieu sur une multiplicité de plans à la fois, ou, en d’autres termes, le fait simple qu’il existe ici-et-maintenant.

Le spectateur est ainsi incorporé à « un champ d’expérience pris comme monde réel non plus par rapport à un moi, mais par rapport à un simple il y a ».(2)

En faisant apparaître ou sonner un monde, les œuvres spatialisées de Jacques Paris glissent ainsi le spectateur dans une expérience émersive lui donnant la possibilité d’éprouver et même d’éveiller son corps en l’activant dans des situations vivifiantes, en quoi consistent ces zones de résonance chargées de présence. »

Ariane Maugery, extraits de Jacques Paris, La peinture traversée.

(catalogue couleur &transparence, 2021 , Editions du Musée-muséum départemental)

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