Hygie et Panacée, Frédérique Nalbandian, Exposition Galerie Eva Vautier, 2021 © Photo Alain Amiel

Exposition

Hygie et Panacée

de Frédérique Nalbandian

Hygie et Panacée

L’événement en images

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  • Hygie et Panacée, Frédérique Nalbandian, Exposition Galerie Eva Vautier, 2021 © Photo Alain Amiel

    Hygie et Panacée, Frédérique Nalbandian, Exposition Galerie Eva Vautier, 2021 © Photo Alain Amiel

Exposition visible sur rendez-vous à partir du 14 avril
Vernissage le samedi 24 avril à 14h, sous réserve des prochaines annonces gouvernementales.

RDV par mail : galerie@eva-vautier.com
ou par téléphone : 09 80 84 96 73 / 06 07 25 14 08

Exposition 
Hygie et Panacée
de Frédérique Nalbandian

 

Exposition visible sur rendez-vous à partir du 14 avril
Vernissage le samedi 24 avril à 14h, sous réserve des prochaines annonces gouvernementales.

Présentation 

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« Pour dire la vie, les verbes d’action sont plus utiles que les mots »*.

Les verbes d’action sont au cœur de l’œuvre de Frédérique Nalbandian. L’artiste saisit, trempe, froisse, manipule, sculpte, forme le savon. Patiemment et avec force, elle donne vie à des formes antiques. Les figures d’Hygie et Panacée, déesses personnifiant respectivement le soin du corps et le remède universel, nous accueillent à la galerie qui prend des allures de temple avec son espace haut et étroit. Comment ne pas porter un regard étonné sur cette oeuvre de savon alors que nous vivons une obsession inédite du lavage de mains et craignons la maladie ?

Frédérique Nalbandian invite le visiteur à toucher son travail après s’être mouillé les mains. Une cérémonie de purification profane se joue dans le lieu d’art. On touche la statue, et la chimie du savon opère. Sous des apparences contingentes, le savon est en fait une matière très compacte, solide, qui peut demeurer inchangée très longtemps, même en présence d’eau. En effet, sans friction, le savon mouillé ne s’altère presque pas. Il faut le frotter, le caresser, s’en saisir pleinement pour qu’il commence à disparaître.
Le regardeur prend part au « processus créatif »* : son imaginaire est ailleurs, en Grèce, dans les ruines d’un temple tandis que son corps et son esprit sont là, convoqués à travers l’odorat, la vue, l’ouïe et le toucher : « Ce phénomène peut être comparé à un ‘transfert’ de l’artiste au spectateur sous la forme d’une osmose esthétique qui a lieu à travers la matière inerte »*.

L’artiste touche pour former, et dans le même temps, l’artiste nous invite à toucher quand toucher l’autre est devenu presque interdit. Ces frottements, frôlements, caresses sont au cœur d’une drôle d’histoire de la sculpture : celle des croyances et superstitions au nom desquelles, par des gestes mille fois répétés, les publics altèrent des statues dont le contact est censé porter bonheur, garantir l’amour, la guérison. Ces gestes tendres quoique destructeurs altèrent la couleur d’un marbre ou lissent la surface d’un bronze à un point désigné comme magique. On touche alors pour toucher juste. Les stigmates de ces croyances et superstitions sont fonctions du temps, du nombre de caresses, de la force des frottements, paramètres d’une mécanique du vœu, d’une physique de la promesse.

* Olivier Remaud, Penser comme un iceberg, Actes Sud, collection Mondes sauvages, octobre 2020
* Marcel Duchamp, Le processus créatif, Envois, L’échoppe, novembre 1987
* Marcel Duchamp, Le processus créatif, Envois, L’échoppe, novembre 1987

Texte de Bérangère Armand

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