Exposition

Sismographie / Tibo

19 décembre 2022 - fin janvier 2023

Ouverture: samedi 17.12.2022 – 15h/19h

► Sur RDV jusqu'à fin janvier 2023
► Contact et infos: 06.44.81.58.79

« Ces peintures ne sont pas des peintures, elles sont des résultats sismographiques de l’univers à travers mon corps dans une tentative d’être au monde.
Je tente de ne pas être uniquement dans ma feuille, mais d’être dans la poésie philosophique d’un paysage grec, avec les chroniqueuses de la radio, avec les soldats ukrainiens, avec Elizabeth II, avec la planète à sauver de nous-mêmes et dans les discussions avec mon amoureux. Il s’agit paradoxalement d’un formalisme politique« 

 

L’événement en images

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Ouverture…

Sismographie, peintures sérielles, points et lignes d’aquarelle tracés sur papier, calligraphies absconses aux formes hybrides à la frontière de l’organique, du minéral, de la peinture et du dessin…

Sismographie – Tibo

Ouverture…

Sismographie, peintures sérielles, points et lignes d’aquarelle tracés sur papier, calligraphies absconses aux formes hybrides à la frontière de l’organique, du minéral, de la peinture et du dessin… telles se présentent les formes qui vont se produire ici à partir de ton travail.

Elles émanent d’une temporalité distendue : toi parti une année sur une île Grecque, moi, ici, à Nice, opérant les changements nécessaires à ma vie.

Sensiblement, elles matérialisent les instants fugaces comme les moments précieux et leurs tracés énigmatiques n’excluent ni les situations prosaïques, ni les états contemplatifs ou le lyrisme des épisodes qu’elles traversent.

Comme des filets dans une mer immense, ces formes ténues jalonnent une temporalité qui s’écoule, instantanée, insaisissable. Maintenant qu’elles viennent prendre place ici, elles constituent le terme ou l’aboutissement d’un voyage.

Un voyage comme une histoire qui aurait débuté lorsque j’ouvrais ma galerie et que toi, encore adolescent, tu y venais avec une fervente et remarquable curiosité.

Le temps s’étant chargé de nos métamorphoses, tu es artiste et je ne suis plus « galeriste ».

Pourtant, toi comme moi, nous cherchons aujourd’hui plus que jamais des modalités de présentation et d’accès à l’art affranchies des formes conventionnelles.

Un été, tu m’as invitée à voir ton exposition « L’instant de floraison d’un corps prêt à disparaître ».

Et pour ceux qui liront ce texte que je t’adresse, ils sauront maintenant que ce fût le début de ce beau projet.

Un projet que nous avons conçu comme une entente avec la volonté de laisser l’expérience, le temps, nos vies et nos contingences en préciser les formes.

Bien sûr, il nous aura fallu poser quelques jalons mais le chemin que nous avons emprunté jusqu’à destination nous aura offert une grande liberté.

Sismographie, peintures sérielles, points et lignes d’aquarelle, calligraphies absconses aux formes hybrides… célèbre également cette liberté.

 

Carine Micheli, décembre 2022

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Sismographie

Ces peintures ne sont pas des peintures, elles sont des résultats sismographiques de l’univers à travers mon corps dans une tentative d’être au monde.

Dessiner dans le bus ou sur une plage, peindre quand on est triste, énervé, ou lors d’une bonne journée ou même malade, ça ne peut pas tout simplement pas être pareil.

Entre une formation classique de danse, de dessin académique, et celle d’une école expérimentale d’art, une fois projeté dans le monde, la nécessité d’en rendre compte par un processus de création m’obsédait.

C’est ainsi qu’est née cette manière « sismographique » de dessiner. Les déplacements, la rue, les suicides du métro, tout cela s’enregistrait dans mes lignes tremblantes depuis une armature de points prédéfinis.

Continuant cette expérimentation dans d’autres lieux, les états physiques et émotionnels furent moins littéralement d’autres manières d’influencer mon tracé.

Après avoir dépouillé un maximum cette démarche de travail de toute volonté de composition, de figuration, ou d’abstraction, et, avec seulement les deux constituants de base du dessin à savoir le point et la ligne, cette manière de dessiner permet désormais d’être davantage dans le monde que dans mon monde.

Je tente de ne pas être uniquement dans ma feuille, mais d’être dans la poésie philosophique d’un paysage grec, avec les chroniqueuses de la radio, avec les soldats ukrainiens, avec Elizabeth II, avec la planète à sauver de nous-mêmes et dans les discussions avec mon amoureux.

Tout comme ces personnes qui prient, dénombrant de perles concrètement leurs prières ici, mais dont l’esprit et l’âme sont tellement loin de là.

Ces ensembles de lignes sont ainsi le résultat de sentiments, de conversations, de contemplations extérieures ou intérieures et de méditations.

Il s’agit paradoxalement d’un formalisme politique.

 

Tibo, décembre 2022

 
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