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Exposition

Monstre pente

Monstre Pente est une exposition solo de l’artiste Camille Llobet, programmée à La Station du 19 septembre au 28 novembre 2026 à l’occasion de l’Automne de l’Image, événement annuel au 109 qui fédère plusieurs festivals autour de l’image fixe ou animée, à l’instar de la biennale OVNi (Festival international de vidéo).À travers des installations vidéo […]

Monstre Pente est une exposition solo de l’artiste Camille Llobet, programmée à La Station du 19 septembre au 28 novembre 2026 à l’occasion de l’Automne de l’Image, événement annuel au 109 qui fédère plusieurs festivals autour de l’image fixe ou animée, à l’instar de la biennale OVNi (Festival international de vidéo).
À travers des installations vidéo et sonores, Camille Llobet capture l’effort invisible, le mouvement suspendu et la mémoire des corps — du geste d’un musicien au pas d’un guide de haute montagne. Monstre Pente présentera les œuvres vidéos les plus récentes de l’artiste ainsi que ses recherches en cours.
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Après avoir exploré l’oralité, le mouvement et la perception humaine comme des territoires de recherche lors de tournages en studio, Camille Llobet a déplacé ses protocoles de travail en haute montagne. Cet environnement complexe fait de roche, neige et glace est aujourd’hui en cours de mutation. Une transformation brutale due à l’accélération de la fonte des glaces et des écroulements rocheux qui place un temps géomorphologique au niveau de celui d’une vie humaine. Pacheû (2020-2023) lui a ouvert un champ d’expérimentations et de formats en situant l’humain dans un milieu. Au fil des projets, son point de vue de plasticienne et d’habitante de montagne lui permet d’approfondir une recherche au long cours, basée sur l’expertise sensible et menée en étroite collaboration avec les travailleur·euses de haute montagne.
On compte au-dessus de Nice, dans le Mercantour, au cœur de la célèbre Vallée des Merveilles, près de 40 000 gravures rupestres. La vallée était italienne jusqu’en 1947, et son nom actuel est une mauvaise traduction de Valle delle Meraviglie. En effet, en italien, la meraviglia ne désigne pas la beauté ou l’émerveillement, mais revêt un caractère surnaturel, mystique et effrayant. Cimes du Diable, Pas du Trem (le tremblement d’effroi), Valmasque (la vallée des sorcières) : autant de noms liés au caractère sacré, maléfique et monstrueux du site, qui s’étend autour du Mont Bego (2 872 m). Ces gravures de l’âge du Bronze représentent majoritairement le mode de vie de ces bergers préhistoriques, mais témoignent aussi de la sacralisation des éléments face à la nature. On y célébrait le culte de l’orage, de la foudre et de la pluie fertilisante.
Le massif du Mont-Blanc – à l’image du littoral niçois – est aujourd’hui une zone industrielle touristique mais c’est également un milieu minéral immense : des éléments climatiques et géomorphologiques intenses et un espace sauvage inhabité. Ces montagnes étaient considérées comme maudites et hantées jusqu’au XIXe siècle. Chaque pierre était habitée par des démons et les glaciers perçus comme des entités vivantes et inquiétantes qui avançaient et menaçaient d’engloutir les terres. C’est peut-être de là que vient le mot monstre, adjectif hyperbolique localement synonyme de ‘très’ et particulièrement utilisé par les travailleur·euses de montagne : monstre beau, monstre vent, monstre raide, monstre pente.

La Station, 2026

Exposition du 23 septembre au 28 novembre 2026
Vernissage le 19 septembre à partir de 18h
Ouverture du mercredi au samedi, de 14h à 19h
Entrée libre