Julien Monnerie, Commodity Fetishism

Exposition

Julien Monnerie, Commodity Fetishism

Julien Monnerie, Commodity Fetishism

sur rendez-vous furiosa studio, Monaco Penser aux gestes effectués lors de la pose d’un bouton de manchette, à l’affirmation sous-jacente d’une forme de dextérité dans l’acte même d’attacher les deux côtés d’un poignet avec une seule main. Tête pivotante, poignet replié, fixation à chainette, bouton réversible, la symétrie de nos mains est telle qu’elles ne […]

sur rendez-vous
furiosa studio, Monaco

Penser aux gestes effectués lors de la pose d’un bouton de manchette, à l’affirmation sous-jacente d’une forme de dextérité dans l’acte même d’attacher les deux côtés d’un poignet avec une seule main. Tête pivotante, poignet replié, fixation à chainette, bouton réversible, la symétrie de nos mains est telle qu’elles ne peuvent faire signes sans être le miroir l’une de l’autre.

Les formes (sans contre-formes) de Julien Monnerie se jouent de ces ambiguïtés, de ces liens en attente. En effet, ces gabarits n’ont pas vocation d’être dupliqués, mais conservent néanmoins cette possibilité. De ce fait, la matrice évoque son autonomie tout comme le fantôme d’une reproduction potentielle, les sculptures en laiton accrochées aux murs déforment par la courbe de leurs reflets, les moules déposés au sol rejouent pour certains l’origine de leurs chromies provenant d’une teinture spéciale lustrée par un cireur, les clés (anciennes et nouvelles – doubles de l’atelier de l’artiste) sont insérées dans un tissu datant des sixties dont les effluves optimistes semble quelque peu évaporées. Ces objets réalisés par des artisans questionnent leurs qualités modernistes et leurs valeurs subjectives, en devenant les répliquants d’un haut modélisme hanté par la conversion constante de l’argent, le capitalisme sauvage, tout comme l’autorité élégante de leurs fonctions usuelles ou représentatives déchues.[1]

Ensemble, ils semblent nous dire que : peu d’objets sont aujourd’hui offerts seuls, sans un contexte d’objets qui les parlent. Et la relation du consommateur à l’objet en est changée : il ne se réfère plus à tel objet dans son utilité spécifique, mais à un ensemble d’objets dans sa signification totale.[2]

Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris et de la Glasgow School of Art, Julien Monnerie (né en 1987, vit et travaille à Paris) interroge sans cesse la signature de l’artiste. Fortement influencé par les formes dérivées du modernisme, il questionne cet héritage dans un détournement constant des fonctions usuelles et représentatives de l’objet. Il a récemment bénéficié d’expositions personnelles et collectives au Plateau – Frac Île de France (Foncteur d’oubli, 2019,Format à deux, 2016), à Bel Ami, Los Angeles (Talking Alone, 2019), et Shanaynay, Paris (Julien M, 2016).

[1]  Karl Marx, Capital. Critique of Political Economy, Chapitre I, 1867.
[2] Jean Baudrillard, La Société de consommation, ses mythes ses structures,Chapitre, La liturgie formelle de l’objet, page 20, Editions Denoël, 1970.

Remerciements : Antoine Loudot. Cette exposition bénéficie du soutien de la Société pour la Gestion des Droits d’Auteur, Monaco et de la Direction des Affaires Culturelles, Gouvernement Princier, Principauté de Monaco.

 

vue d’exposition, Commodity Fetishism, courtesy de l’artiste et furiosa, Monaco © DR

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