Exposition
Genieve Figgis – ‘Drama Club’
Almine Rech Monaco a le plaisir de présenter ‘Drama Club’, la neuvième exposition solo de Genieve Figgis à la galerie, du 14 avril au 25 septembre 2026.
Vernissage le samedi, 25 avril, 2026 de 18h à 20h
L’événement en images
Dans l’univers de Figgis, les contradictions abondent. Sous le glamour se cache l’horreur, sous l’artifice sérieux, l’ironie. Ses peintures sont intentionnellement et délicieusement décalées, peuplées de personnages changeants, tantôt d’une beauté envoûtante, tantôt terrifiants.
— Louisa Mahoney, chercheuse
La théâtralité est au cœur de la pratique artistique de Genieve Figgis. Souvent poussées à des extrêmes extravagants, ses peintures réinventent l’histoire de l’art avec un esprit vif et une maîtrise luxuriante de la couleur et de la texture. L’artiste est depuis longtemps fascinée par le XVIIIe siècle, une époque où l’absolutisme exerce un attrait à la fois esthétique et thématique sur Figgis, qui remarque : « J’aime les costumes, l’histoire et les peintures de cette période parce qu’ils sont théâtraux. J’utilise la peinture comme un moyen d’explorer différentes périodes de l’histoire. »
Mais les références de Figgis ne se limitent pas au XVIIIe siècle ; elle s’inspire également des rites et rituels d’époques plus récentes, comme en témoigne cette nouvelle série d’œuvres, où plusieurs périodes sont revisitées. Si le passé est un pays étranger, Figgis en est une voyageuse intrépide et experte. Véritable collectionneuse dans l’âme, l’artiste trouve intrigue et inspiration dans un éventail toujours plus large de sources, du cinéma et de la télévision à la publicité, de par la photographie à la peinture historique. Cette tendance à rassembler tout ce qu’elle trouve, à la manière d’une pie, est une caractéristique distinctive du processus créatif de Figgis. Guidés par son imagination singulière et son langage artistique, ces intérêts divers se fondent en œuvres riches et complexes qui transcendent les siècles.
En découvrant ses peintures, on est d’abord frappé par la richesse ornementale de ces univers et des personnages qui les peuplent, ce que Henry James décrivait comme « des pièces lambrissées, en acajou précieux, de portraits de femmes défuntes, de la porcelaine colorée scintillant à travers des portes vitrées et de l’argenterie délicate reflétée sur des tables nues ». Les personnages se pomponnent, dînent, se séduisent, interagissent dans des tableaux théâtraux qui auraient certainement plu à Denis Diderot. Le style somptueux de Figgis savoure la splendeur matérielle, accentuant les textures et les couleurs par des coups de pinceau abondants et habiles. Des coulures et des touches de peinture vibrantes tourbillonnent ensemble, suggérant la tendance inhérente de la beauté au désordre.
Vient ensuite l’envie d’approfondir, car Figgis va au-delà de la simple représentation de la jet-set d’antan. Une réflexion plus poussée révèle la psychologie complexe derrière ce monde de loisirs, mettant en lumière l’interaction entre séduction, pouvoir et contrôle qui sous-tend chaque œuvre. Les scènes de repas, un nouveau sujet pour l’artiste, accordent une attention particulière à l’intersection entre matérialité et atmosphère sociale. Puis il y a les femmes de Figgis. Contrairement à la plupart des arts du passé, ces femmes ne sont en aucun cas décoratives. Elles ne sont pas simplement là pour être regardées ; au contraire, elles nous regardent en retour, s’adressant à nous avec leur propre volonté. Si les femmes de Manet ont marqué un tournant par leur confrontation franche avec le spectateur, Figgis semble poursuivre cet héritage, apportant une sensibilité moderne tout en restant fermement ancrée dans son engagement avec le passé.
Dans l’univers de Figgis, les contradictions abondent. Sous le glamour se cache l’horreur, sous l’artifice sérieux, l’ironie. Ses peintures sont intentionnellement et délicieusement décalées, peuplées de personnages changeants, tantôt d’une beauté envoûtante, tantôt terrifiants. Et juste au moment où nous commençons à perdre pied, l’artiste nous attire de nouveau, nous guidant à travers son royaume étrange et splendide. Le nouvel ensemble d’œuvres présenté dans ‘Drama Club’ poursuit l’exploration par Figgis de l’excès théâtral à travers des compositions saisissantes et mémorables.
— Louisa Mahoney, chercheuse

