du samedi 27 octobre 2018 au samedi 12 janvier 2019
Vernissage vendredi 26 octobre 2018

à 18h

Cocktail Electro, d’Alain Biet


dessin extrait de la série Grands Canons, 2004 -2018 © Alain Biet, 2018

 

ALAIN BIET

né en 1959

vit et travaillle à Blois

http://alainbiet.fr

Alain Biet sort diplômé des Beaux-Arts d’Orléans en 1982.

Professeur aux Beaux-Arts d’Orléans de 1985 à 1990, il enseigne depuis aux Beaux-Arts de Blois.

Il est membre de divers collectifs dont Oulan Bator à Orléans et intervient à La Fondation du Doute à Blois.

Il participe et organise de multiples manifestations et expositions d’art contemporain en France, Italie et Belgique.

Artiste pluridisciplinaire, Alain Biet est tour à tour sculpteur, dessinateur, réalisateur, performeur, installateur…

Il a réalisé de nombreuses séries, dont notamment Migrations, Tripodes, Hublots, Sténopodes, Charnières, Interminette, les V.I, (Visuels Indéfinis) et Canons.

Il s’intéresse à travers de grandes productions « d’objets » aux notions de prolifération, de mutation et de classement. Il se pose la question des relations entre le point de vue et le temps, entre le vivant et l’artificiel, entre nature et culture.

Dans l’exposition Cocktail Electro, il s’intéresse particulièrement à la question suivante : « les objets produits par l’homme sont-ils des productions de la nature ? »

COCKTAIL ELECTRO

Depuis 2004 Alain BIET dessine méthodiquement tous les objets qui entrent chez lui et compose ainsi la série Grands Canons : toujours en expansion, elle compte à ce jour environ 6000 dessins.

L’exposition Cocktail Electro recense environ 1300 dessins repartis en plusieurs familles d’objets utilisant l’électricité, (piles, ampoules, radios, télécommandes, caméra, perceuses…), elles-mêmes divisées en cinq parties (les sources, la lumière, le son, l’image, la machine).

Les objets sont tous représentés au moyen d’une technique proche de l’étude documentaire : un dessin d’observation à l’échelle 1, sur papier aquarelle Arches 300 gr. L’ objet est présenté de face selon une perspective conique avec un seul point de fuite, choisie parce qu’elle en donne le maximum d’informations.

Sur le même modèle que celui des naturalistes du 19ème siècle, le dessin est réalisé en couleur, à l’aquarelle

(qui n’autorise aucun repentir), utilisée en différentes couches superposées avec la couleur complémentaire pour créer des ombres, des matières et du modelé. Ce type de dessin, dit objectif, se veut sans aucune autre intention qu’une simple description minutieuse et un rendu des effets de transparence et de matière.

A La Station, ces objets familiers sont présentés au mur sous forme d’inventaire dans une tentative de classement : des embranchements et des réseaux créent un arbre généalogique, ou une chaine de l’évolution, entre leurs différentes mutations : le walkman se transforme en lecteur de CD pour devenir baladeur mp3, les design s’affinent, les tailles réduisent…

Cette exposition prend donc la forme d’une liste, rythmée par le temps long du dessin, et fige pour un instant la profusion obsolescente de ces objets qui se transforment à une trop grande vitesse pour que nous puissions véritablement les assimiler.

Une partie de ces objets sont visibles dans le film Grands Canons réalisé par Alain Biet en 2018 (Girelle Productions), également présenté dans l’exposition Cocktail Electro.

GRANDS CANONS – LE FILM

2018 / 10 min. 44 sec. / Couleur

RÉALISATEUR : Alain Biet / IMAGE : Sara Sponga, Lucas Dal Cortivo, Alain Morizot / SON : Pablo Pico, Yan Volsy / MONTAGE : Ludovic Vieuille / PRODUCTION : Girelle Production

Sur une feuille à dessin, un pinceau fait apparaître des couleurs à l’aquarelle. Un objet de la vie quotidienne est dessiné précisément par les mains d’un artiste. Puis deux dessins, puis trois, quatre… superposés, condensés, démultipliés, des centaines de dessins d’objets immobiles se succèdent à l’écran.

Grands Canons est un court-métrage d’animation basé sur une série de dessins d’observation qui, à l’image du travail des entomologistes et naturalistes du 19e siècle, répertorie de façon systématique tous les objets du quotidien qui «entrent dans la maison».

En ouvrant le film par une scène dans laquelle on voit Alain Biet dessiner, un certain rapport au temps s’installe, celui de l’observation, de ce dessin apparemment simple mais pourtant complexe dans sa technicité.

Puis le rythme s’accélère et le film fait expérimenter au spectateur une expérience de zapping. L’artiste joue ici avec deux notions contraires, l’inventaire et l’infini : comment apaiser un geste d’observation pulsionnelle quand notre monde semble encore et toujours se remplir d’objets ?

A la limite de la lisibilité, les dessins se succèdent au rythme de 24 images par seconde, les rendant tout juste perceptibles. Ce défilement donne l’illusion de la continuité d’un mouvement dans lequel chaque dessin devient une information visuelle et sensorielle. Les objets, à la manière d’organismes vivants ou de cellules, subissent plusieurs transformations : divisions, multiplications, dédoublements, proliférations, mutations,

évolutions…

Le mouvement est ici la réponse à la sidération que ressent l’artiste face au nombre immense d’objets qu’il rencontre ; la fluidité de l’animation les transforme et leur redonne une certaine légèreté.

RÉCOMPENSES

2018

  • Prix du meilleur film d’animation, festival Music & Cinéma, Aubagne
  • Prix du meilleur film, catégorie galerie, festival Anima Mundi, Rio, Brésil
  • Prix de la meilleure musique de court métrage, festival des notes et des toiles, Pont à Mousson
  • Mention spéciale, festival Partie de Campagne, Ouroux
  • Prix du meilleur documentaire, festival Carton, Buenos aires, Argentine