Exhibition
Gwen O’Neil – ‘Atlantic Ave’
Almine Rech Monaco a le plaisir d’annoncer la troisième exposition personnelle de Gwen O’Neil ‘Atlantic Ave,’.
Pictures of the event
Tirant son nom d’une rue d’Amagansett qui mène à l’océan, ‘Atlantic Ave’ cherche à exprimer la splendeur tranquille d’un moment passé dans la nature, ainsi que les rythmes intemporels qui sous-tendent ces expériences uniques. La lumière, l’eau et le mouvement des animaux nourrissent son processus créatif, et aujourd’hui sa propre migration a ouvert un nouveau chapitre, permettant à son œuvre de revenir à ses sources, où d’anciennes émotions se mêlent à de nouvelles observations, le tout capturé dans des couleurs et des coups de pinceau saisissants.
— Louisa Mahoney, chercheuse
Gwen O’Neil est de retour chez elle. Après dix ans passés en Californie, l’artiste est revenue l’année dernière dans l’Est, où elle est née et a grandi. Depuis qu’elle s’est installée à Brooklyn, elle passe davantage de temps dans la maison de son enfance, à East Hampton. Une nouvelle série d’œuvres, présentée dans le cadre de l’exposition ‘Atlantic Ave’ à la galerie Almine Rech de Monaco, porte un regard sur cet environnement à la fois nouveau et familier, exprimant l’attention et l’attachement d’O’Neil pour un lieu qui n’ont fait que s’intensifier après une décennie d’absence.
La technique des tâches occupe une place centrale dans la pratique d’O’Neil ; un point de départ qui oriente chaque peinture. S’inspirant des tâches par imprégnation d’Helen Frankenthaler, elle a mis au point une méthode consistant à mélanger des pigments avec de l’eau et du savon, amenant la tâche à imprégner complètement la toile. Dans ces œuvres récentes, les taches sont plus visibles que jamais. O’Neil les a laissées apparentes en tant qu’éléments compositionnels centraux, et surtout en tant que représentations de l’incontrôlable et de l’instinctif, affirmant qu’il serait « ridicule de dissimuler tous ces magnifiques hasards ». Accentuer les tâches l’a amenée, selon ses propres termes, à « laisser la toile ouverte ». Ses traces tourbillonnantes et kaléidoscopiques entrent ainsi dans un nouveau dialogue avec les tâches, développant l’interaction entre la surface et l’intérieur, le premier plan et l’arrière-plan, le fortuit et le délibéré.
Sur la côte Est, O’Neil aime se promener jusqu’à la baie près de chez elle, parfois plusieurs fois par jour. Les couleurs sans cesse changeantes de la mer et du ciel réapparaissent dans ces œuvres : la brume épaisse du matin, l’or du soir, les vagues, le vent et les reflets. Ce changement de littoral a mis en avant une palette de couleurs entièrement nouvelle, associée à l’exploration récente de la théorie des couleurs par l’artiste, notamment à travers l’œuvre de Josef Albers. Le contraste simultané occupe ses pensées, lui apportant une nouvelle façon de percevoir l’environnement qui l’entoure. O’Neil a d’abord étudié la photographie et réalise des Polaroids qui lui servent de source d’inspiration pour ses peintures. Sa mère est une jardinière passionnée, et des photos de ses fleurs ont également contribué à définir la palette de cette série d’œuvres. Mais ces peintures ne sont pas seulement en dialogue avec les mois les plus chauds. Le retour de l’artiste l’année dernière a coïncidé avec un hiver très rude, marqué par de violentes tempêtes de neige et des bancs de glace dans la baie. Vivre ces conditions extrêmes après la quiétude luxuriante et édénique de la Californie du Sud a constitué une réintroduction spectaculaire aux cycles qui régissent la vie dans le Nord-Est. Revivre le rythme des saisons signifie redécouvrir la gratitude pour le printemps et l’été qui ne s’éveille qu’après un hiver sombre et morne.
O’Neil s’inscrit dans une longue tradition de peintres qui puisent leur inspiration à Long Island, notamment Lee Krasner et Jackson Pollock (« La campagne est merveilleuse », écrivait Pollock dans une phrase restée célèbre), mais aussi Helen Frankenthaler et les de Kooning. Les tableaux Little Image de Krasner, qui ont marqué un tournant dans sa carrière, sont nés d’expérimentations menées dans sa maison de Springs, non loin de l’endroit où O’Neil travaille aujourd’hui. Ces petites œuvres, que Krasner réalisait sur une table dans sa chambre, m’ont traversé l’esprit tandis qu’O’Neil me montrait ses propres expériences récentes en matière d’échelle. Nous avons discuté depuis sa chambre d’enfance, où elle avait aménagé un atelier, tout comme Krasner l’avait fait tant d’années auparavant. Ces œuvres miniatures scintillaient comme des joyaux saisissants et compacts. Ce nouveau format marque un tournant majeur pour l’artiste, introduisant de nouvelles conceptions de l’espace et de l’intimité dans son style tentaculaire et tourbillonnant.
Tirant son nom d’une rue d’Amagansett qui mène à l’océan, ‘Atlantic Ave’ cherche à exprimer la splendeur tranquille d’un moment passé dans la nature, ainsi que les rythmes intemporels qui sous-tendent ces expériences uniques. La lumière, l’eau et le mouvement des animaux nourrissent son processus créatif, et aujourd’hui sa propre migration a ouvert un nouveau chapitre, permettant à son œuvre de revenir à ses sources, où d’anciennes émotions se mêlent à de nouvelles observations, le tout capturé dans des couleurs et des coups de pinceau saisissants.
— Louisa Mahoney, chercheuse

