Il se pourrait que cette image demeure – Sophie Blet
Le Frac Sud, le Parc naturel régional des Préalpes d’Azur et la commune de Tourrettes-sur-Loup initient un projet reliant transmission et création contemporaine avec l’artiste Sophie Blet, qui propose une exposition autour de la nuit et de ses trésors cachés. Le temps de résidence et les ateliers avec l’école lui permettent de penser une proposition artistique en lien avec le territoire.
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Croisant la programmation du Frac Sud et s’inscrivant dans les grands champs d’actions du Parc, ce projet s’attache à révéler la richesse fragile du monde nocturne, considéré comme un patrimoine immatériel à préserver. L’artiste guide les élèves des six classes de l’école dans l’expérimentation des différentes manières de percevoir cet univers, les invitant à une légère désorientation, proche de celle que nous pouvons éprouver la nuit.
La pratique de Sophie Blet s’inscrit dans une recherche constante des espaces intermédiaires, de cet entre-deux qui nous permet de ressentir au-delà de ce que l’on voit. Elle explore la relation déséquilibrée de l’homme à son environnement en mêlant plusieurs modes de création, allant de la sculpture et l’installation à la photographie, avec un fort attachement au texte. Le visible et l’invisible occupent un espace central dans ses œuvres, qui mettent en lumière une approche sensible du trouble et de l’incertain. Le projet investit les transitions parfois inquiétantes entre le jour et la nuit, le sommeil et l’éveil, ou encore le réel et l’imaginaire. L’artiste s’en saisit pour faire émerger d’autres modes de perception mobilisant le corps, l’écoute, la mémoire et l’imaginaire.
Différentes étapes de création mènent les enfants à la réalisation d’une carte-costume collective, pensée comme un objet d’orientation, de protection et de métamorphose. Récits de rêves, écritures, dessins, peintures sur textile et modelages en argile donnent forme à cette surface commune évoquant à la fois une carte et un abri. Le monde cosmique fait l’objet d’un travail sur le motif pour les plus jeunes à partir de l’observation d’étoiles, de galaxies et autres phénomènes célestes. La création d’un sol en argile figurant le ciel vient compléter l’installation proposée dans l’espace muséal.
Lors de sa résidence, l’artiste prolonge une série de peintures réalisées sur plaques de laiton à partir de photographies. Les couches successives provoquent une distorsion du paysage brouillant les pistes temporelles et spatiales du sujet représenté. En jouant avec le réalisme de ces images et en les associant à une série de sculptures, elle nous propose une réflexion sur notre rapport au temps et à l’espace, en l’absence de repères, à l’instar des périodes nocturnes.
Entre rêve et éveil, l’exposition ouvre un dialogue entre le travail personnel de l’artiste et les créations menées collectivement avec les enfants.
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Plus d’infos : https://fracsud.org/Il-se-pourrait-que-cette-image-demeure

