“êtres exposés” – Anaïs Tondeur

Une exposition en partenariat avec l'IDBL, école d'art intercommunale de Digne-les-bains

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à la galerie du BILD – école d’art de l’IDBL, 24 avenue Saint-Véran, Digne-les-Bains
Au vu de la situation sanitaire, la galerie du BILD ne pourra pas être ouverte tous les jours, des permanences seront assurées pour le contrôle des pass sanitaire (obligatoire)…
L’exposition sera ouverte du mardi au jeudi de 14h à 18h et le vendredi de 14h à 17h. Le lundi l’exposition sera ouverte sur demande auprès du secrétariat de l’école.

L’exposition est ouverte du 17 septembre au 22 octobre 2021 !

Nous vous invitons à découvrir cette exposition à la galerie BILD situé à l’entrée de l’IDBL du Lundi au Jeudi de 14h à 18h et le Vendredi de 14h à 17h !

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Possibilité de suivre une visite commentée de l’exposition aux dates suivantes :

  • Vendredi 17 septembre de 14h à 17h
  • Mardi 28 septembre de 14h à 18h
  • Mercredi 29 septembre de 14h à 18h
  • Mardi 5 octobre de 14h à 18h
  • Mercredi 6 octobre de 14h à 18h

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“En réhabilitant ces « êtres exposés », l’art d’Anaïs Tondeur oppose aux récits anthropocentrés une attention aux « flux éphémères et circonscrits qui n’affectent pas seulement l’homme mais l’ensemble hétérogène de nos relations”

Extrait du commentaire de l’exposition « êtres exposés – Anaïs Tondeur » par Julie Michel

« Dans le cadre de la programmation célébrant l’anniversaire du Cairn, l’IDBL (école d’art intercommunale de Digne) co-invite la jeune artiste Anaïs Tondeur à présenter sa démarche au BILD (Bureau d’Implantation des Lignes de Digne). En contrepoint à l’exposition rétrospective Flash-back, une brève histoire du Cairn, cette invitation conjointe s’inscrit dans une dimension prospective chère aux deux structures.

Depuis de nombreuses années l’idbl et le Cairn entretiennent des relations privilégiées (invitation d’artistes dans le cadre de workshops auprès des étudiants de la classe préparatoire, visites d’expositions avec les étudiants et les auditeurs libres, rencontres et conférences avec les artistes invités, etc.) qui favorisent la transmission et l’échange autour des pratiques artistiques contemporaines : une entente précieuse que nous avons souhaité réaffirmer à travers cette exposition.

En effet, l’invitation faite à Anaïs Tondeur pointe des intérêts communs : étudier le rôle que la création artistique peut jouer dans la société contemporaine et la façon dont celle-ci peut et doit aujourd’hui nous obliger à nous intéresser à des sujets dont nous ne pouvons plus nous détourner ; explorer des démarches qui offrent des antidotes pour appréhender un monde de plus en plus abîmé, exposer des pratiques transversales et curieuses qui s’intéressent de près aux relations, aux milieux et aux conditions d’existences de tous les vivants ; tenter enfin de partager et de transmettre des propositions susceptibles d’engager des rencontres transformatrices favorisant des reconfigurations.

La démarche d’Anaïs Tondeur esquissée à travers l’exposition Êtres exposés fait donc singulièrement écho à ces préoccupations communes. Bruisse ici une série de voix et d’entités qui, si l’on veux bien leur prêter une oreille et un œil attentifs, font émerger une multitude de mondes, de temporalités et d’histoires : celle des occupants du bois de Lejuc près de Bure, résistant à la pollution de leur sol et aux forces mortifères colonisant les zones souterraines par l’enfouissement des déchets nucléaires (Vigiles) ; celle des particules de noir de carbone, espèces invisibles mais compagnes, qui peuplent désormais corps et air, brouillant ainsi la polarisation nature/culture (Noir de Carbone) ; celle des plantes irradiées de la zone d’exclusion de Tchernobyl, témoignant tout autant du désastre que des puissances de résurgences terrestres, et dont l’artiste collectionne chaque année depuis l’explosion un spécimen rayographié (Tchernobyl Herbarium) ; celle de la faille de San Andreas, ligne de rencontre entre les plaques du Pacifique et l’Amérique, habitée le temps d’une expédition dans les entrailles de la terre, à partir de laquelle l’artiste rapporte fragments réels et reconstitutions sonores (Dérives).

L’hétéroclisme apparent de ces « sujets » pourrait de prime abord susciter la surprise, mais le fil rouge de l’exposition et plus largement de la démarche d’Anaïs Tondeur ne tarde pas à se révéler : son art infiltre l’invisible et, proposition a priori risquée, se saisit pour ce faire du medium le plus littéralement en prise avec notre faculté de voir : la photographie. C’est au cœur de cette ambiguïté que se niche les images d’Anaïs Tondeur. Entre oscillation et équilibre, ses œuvres explorent, déjouent et reformulent les limites ténues qui s’exercent dans la distribution entre visible et invisible.

[…]

Si les « sujets » qu’explore Anaïs Tondeur (zadistes, plantes, roches, air, eau…) commencent aujourd’hui à entrer en politique, soulignons qu’ils ont longtemps été sous-exposés, voire invisibilisés. Paradoxe étrange car, à bien des égards, leur surexposition (aux forces militarisées, aux radiations, à l’ère de l’anthropocène et au nouveau régime climatique, etc.) demeure centrale.

En réhabilitant ces « êtres exposés », l’art d’Anaïs Tondeur oppose aux récits anthropocentrés une attention aux « flux éphémères et circonscrits qui n’affectent pas seulement l’homme mais l’ensemble hétérogène de nos relations ».

Extrait du commentaire de l’exposition « êtres exposés – Anaïs Tondeur » par Julie Michel

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Anaïs Tondeur est une artiste française basée à Paris. Elle crée des récits et des enquêtes spéculatives à travers lesquels elle expérimente d’autres rapports au monde, différents modes de cohabitation avec les non-humains: plantes, roches, air, eau. Pour cela, elle développe un renouvellement de nos modes de perception, et explore, au-delà de la séparation de la nature et de la culture, des moyens de bouleverser le grand récit de l’Anthropocène. En collaboration avec des géologues, océanographes, physiciens, philosophes et anthropologues, ses protocoles de recherche l’ont menée dans des expéditions sur les traces de particules de carbone noir, dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, à travers l’océan Atlantique ou le long des frontières qui séparent les grandes plaques tectoniques. Elle a présenté son travail dans des institutions internationales telles que le Centre Pompidou, Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur (France), Spencer Museum of Modern Art (USA) ou Nam June Paik Art Center (Séoul).

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