Exposition

WILDSIDE

ERWAN MORÈRE « Croiser une photographie d’Erwan Morère n’est pas sans conséquence. Tant pis, trop tard. Voilà, ça y est Vous savez, cette impression d’être accroché au passage, d’être happé, d’être emporté, de se dire que si je descends en marche, c’est le cassage de gueule assuré. Alors il ne faut pas regarder ces photos, […]

ERWAN MORÈRE
Erwan Morère Visuel presse 2 copie
« Croiser une photographie d’Erwan Morère n’est pas sans conséquence.
Tant pis, trop tard. Voilà, ça y est Vous savez, cette impression d’être accroché au passage, d’être happé, d’être emporté, de se dire que si je descends en marche, c’est le cassage de gueule assuré.
Alors il ne faut pas regarder ces photos, ou alors accepter le voyage, partager la vision des grandes étendues que nous donne Erwan. Ces territoires semi désertiques, ces immensités, plutôt du Nord dans cette série, du grand Nord même, là où très loin à l’Est il y a l’Ouest et inversement, Mongolie, Islande, Canada Qu’il parcourt sans s’arrêter en train, en avion, en voiture, en stop On devient compagnon de voyage. Même là sur le bord de la route, même quand ça fait six heures qu’on attend et qu’Erwan, nous montre là-bas, au loin, des maisons, des hommes ou des animaux, même un cirque.
Mais la plupart du temps on partage ce flux, ce tourbillon qui brouille la vision, une contemplation en mouvement. Il parle de territoire, il dit aussi que le train, la voiture, le déplacement, sont aussi des territoires. Il n’y a pas de calcul, pas d’enquête. Il part, improvisation pure. Mais le Nord, la neige souvent, pourquoi ? Parce qu’Erwan a une famille. Et cette famille vient d’un pays du nord de l’Europe. Son grand père pourrait s’appeler Christer Strömholm et son père Anders Petersen. Donc le noir et blanc est là. Voilà, on n’en parle plus. C’est comme ça. Une vision, une certaine abstraction. Ces plages de blancs, de noirs, de gris qui nous caressent ou nous piquent. Et puis il y a un chouïa d’Hiroshi Sugimoto. Mais quel photographe de cette espèce n’a pas un grain de Sugimoto?
Le problème avec la photographie d’Erwan Morère, c’est qu’une fois accroché, happé, emporté, on a vraiment plus envie d’en sortir, de s’en échapper parce qu’il nous amène dans des territoires inconnus à ce jour qu’il nous fait découvrir.»
Jean-Luc Amand Fournier, Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie.
Exposition réalisée en partenariat avec Olympus France et La galerie Les Filles du calvaire – Paris
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