Exposition

Séries noires, séries blanches, Exposition de Gérard Alto

  « Tout mon travail suit et poursuit des exigences et des voies qui s’imposent à moi, sans pour autant que je puisse les maîtriser et encore moins avoir l’audace de les théoriser ». C’est Alto qui écrit et c’est probablement ce qu’il pense ou ce qu’il pensait à l’époque où ces lignes ont été […]

 

« Tout mon travail suit et poursuit des exigences et des voies qui s’imposent à moi, sans pour autant que je puisse les maîtriser et encore moins avoir l’audace de les théoriser ». C’est Alto qui écrit et c’est probablement ce qu’il pense ou ce qu’il pensait à l’époque où ces lignes ont été écrites. Pourtant rien d’automatique dans son art, rien d’irraisonné. Manifestement, il a décidé de ne pas choisir, de laisser les forces qui le traversent s’exprimer. Ce qui affleure toujours c’est ce peuple d’errants dont il est issu et ce désespoir qui habite ceux que la Méditerranée, fascinante mais cruelle, a marqués. Mais ce qu’il produit est dominé par l’art du dessin que de solides études artistiques lui ont donné et par une riche connaissance de l’histoire de l’art.

Il n’est pas de ceux qui pensent que l’avenir de l’art est dans le divertissement. Pas, non plus, dans la dénonciation. Le monde ne figure pas sur la toile, il s’exprime dans l’esprit du spectateur. Pas de rhétorique, pas de bavardage. C’est l’émotion produite qui reste le seul objectif et, cette émotion, seul un travail acharné et une technique sure peut la faire naître.

Séries Noires, séries blanches. Ce qui parle, dans les œuvres qu’Alto présente à la Galerie Depardieu à Nice, c’est l’opposition ; du noir et du blanc ; du noir et de la couleur qui, par moment, jaillit du noir. « Il y a des toiles en noir et blanc qui font penser à la couleur » a dit Soulages, c’est ce que modestement, avec humilité, l’artiste vérifie dans ce qui nous est montré aujourd’hui. Opposer l’œuvre au mur de la galerie. Opposer l’œuvre et l’artiste au monde qui l’entoure. S’opposer par son œuvre à la peur et à la misère, par la seule force de la création.

Opposition, encore, entre la matière et le geste. Légèreté du fusain et du papier de soie. Rigidité de la déchirure, du trait qui parfois, souvent, lacère le dessin. Et la simplicité du support et de la matière dialogue avec l’expérience du spectateur.

Michel Montagard

 

Né à Casablanca en 1950, Il arrive en France en 1962, en 1965 il intègre l’école de l’imagerie d’Epinal.
En 1968 il est admis à l’école des arts décoratifs de Nice où il s’oriente vers l’architecture intérieure.
Depuis 1970 il partage son temps entre l’architecture et la peinture.
Son univers pictural s’exprime à travers des grands supports aussi variés que la toile, le papier, le bois ou le métal. Son travail, d’abord abstrait, évolue vers une conceptualisation personnelle qui révèle un sentiment de rigueur où rien n’est superflu.

 

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