Exposition

Des nouvelles de nos contrées obscures

Jordan Pallagès, Anne Favret et Patrick Manez   Deux générations d’artistes se rencontrent et se retrouvent sur le projet commun de déployer dans l’espace de la Maison Abandonnée une exposition collective qui traite d’horizons utopiques. La Villa Cameline, parce qu’elle fonctionne à la fois comme un lieu privé et intime et un espace public de […]

Jordan Pallagès, Anne Favret et Patrick Manez

 

Deux générations d’artistes se rencontrent et se retrouvent sur le projet commun de déployer dans l’espace de la Maison Abandonnée une exposition collective qui traite d’horizons utopiques. La Villa Cameline, parce qu’elle fonctionne à la fois comme un lieu privé et intime et un espace public de structure d’exposition, jouera le rôle d’un troisième élément signifiant et stimulant qui devrait amener nos trois artistes à découvrir de nouvelles régions dans leurs cartographies mentales.

Favret/Manez
« Hyperboréal »
(Résidence Klaustrid Air Program à Skriduklaustur, Islande – 2015)
Composée de portraits, de vues urbaines et de paysages, la série de photographies « Hyperboréal » a été réalisée en 2015 dans le cadre de la résidence Klaustrid Air Program à Skriduklaustur en Islande. Anne Favret et Patrick Manez ont travaillé sur un territoire de 75 km de long, aux confins de l’espace habitable, des hauts plateaux aux fjords de l’Est en enquêtant sur la notion de frange. Leurs images opposent le dépaysement suscité par ces espaces à la banalité d’un réel finalement très occidental. Ici l’idée de seuil est prégnante, de l’objectivité photographique on bascule facilement vers le récit fictionnel que les entretiens anonymes réalisés par Anouck Manez, fille des artistes et doctorante en sociologie, viennent nourrir. Il ressort de l’ensemble un sentiment d’étrangeté, comme si ces lointains décors et leurs habitants paradoxalement si proches de nous venaient donner corps à une communauté utopique.

Anne Favret et Patrick Manez, Les arpenteurs

Jordan Pallagès
Explorateur et chercheur, mais surtout fondateur d’une compagnie de théâtre expérimental J. Nielsson, est le personnage clé du récit que Jordan Pallagès écrit depuis 2010. Autour de ce libre penseur, passionné d’architecture, gravite une myriade d’autres personnages imaginaires qui jouent tous un rôle précis dans l’histoire de sa troupe, la Nielsson C. implantée dans des espaces à l’abandon ou jamais inachevés où ils font, entre autres, l’expérience de l’ennui et de l’introspection. De cette fiction extrêmement complexe, naît un périodique « Les Colonies imaginaires » signé J. Nielsson, sorte d’alter ego de Jordan Pallagès, qui sort à l’occasion de chaque exposition, tout comme sont produits des dessins, des photographies ou des sculptures, autant de choses qui existent réellement dans le monde de l’art qui, comme chacun sait, n’est pas tout à fait le monde réel… Ce qui se trame à travers cette fiction autant écrite que plastique relève de l’hétérotopie telle qu’elle a été théorisée par Michel Foucault.

Jordan Pallagès, The Nielsson Research Residency

 

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