Exposition

Monaco – Alexandrie, le grand détour

Villes-mondes et surréalisme cosmopolite

Monaco-Alexandrie se présente comme une exposition émancipée du spectre de l’histoire de l’art nationaliste et européo-centrée. Il est remarquable à ce titre de partir de Monaco et son Nouveau Musée National pour repenser les relations Nord-Sud, notamment entre zones clés de l’Europe méditerranéenne y compris dans ses dimensions africaine et orientale.

Dans cette perspective, le NMNM en collaboration avec Zamân Books & Curating, se propose de faire dialoguer Monaco et Alexandrie, à savoir deux villes-mondes aux liens éloquents et pourtant méconnus, qui se tissent au cœur du XXème siècle à travers des thèmes transnationaux : les ballets et spectacles (post)orientalistes, le surréalisme méridional, la faune et la flore, l’érotisme féministe, le développement urbain et la vie nocturne ; en définitive, les symboles et la poétique du cosmopolitisme à travers deux grands carrefours méditerranéens ; tous deux autant marqués par l’empreinte des rêves et des mythes touristiques que par celle des avant-gardes en exil. Au-delà des grands thèmes évoqués, il s’agit d’écrire une page inédite de cette histoire connectée et souvent francophone, bien que façonnée entre plusieurs zones de contact (Monaco, France, Italie, Hongrie, Grèce, Égypte…).

Monaco à l’instar de ces autres carrefours d’influence, s’est construit à travers un grand brassage de populations et de communautés ; non pas des terres d’immigration mais de réelles cosmopolis : des villes portuaires comptant des centaines de nationalités différentes à travers leur histoire migratoire, politique et culturelle – au-delà d’un rapport entre locaux et étrangers, des villes-mondes. Bien entendu à deux échelles très différentes, celle propre à Monaco (le deuxième État indépendant le plus petit au monde après le Vatican) et celle d’Alexandrie (« la » capitale de la Méditerranée entre 1850 et 1950) mais qui se rejoignent dans la dynamique des capitales méditerranéennes.

Monaco-Alexandrie est aussi marquée par une forte présence de protagonistes féminines de tous horizons, longtemps marginalisées par l’histoire autorisée (écrite par des hommes) alors qu’elles participent pleinement de ces avant-gardes égyptophiles.

Cette histoire faite de liens presque secrets mais structurant l’expérience méridionale de la modernité s’incarne dans des figures d’écrivains, poètes, peintres, décorateurs et philosophes incarnant tous un désir de se réaliser entre des mondes fluides et transfrontières ; par-delà la montée des nationalismes et des fascismes à laquelle ils durent faire face.


Commissaires de l’exposition : Morad Montazami et Madeleine de Colnet, pour Zamân Books & Curating
Conseiller scientifique : Francesca Rondinelli


Artistes : Hamed Abdalla, Zeinab Abdel Hamid, Clea Badaro, George Bahgoury, Raoul Barba, Ezekiel Baroukh, René Billotte, Anna Boghiguian, Bona, Nabil Boutros, Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Michele Ciacciofera, Giorgio de Chirico, , Eric de Nemes, Angelo de Riz, Valentine de Saint-Point,  Marcel Duchamp, Raoul Dufy, Louis-Emile Durandelle, François Z. Eberl, Inji Efflatoun, J. Enrietti, Leonor Fini,  Yona Friedman, Ali Hegazy, Georges Henein, Pierre Jahan, Abdul Kader El-Janabi, Marc Janson, Fouad Kamel, Ida Kar, Germaine Krull, Jacques-Henri Lartigue, Stanislao Lepri, Louis Ernest Lessieux, André Lothe, Antoine Malliarakis dit Mayo,Joyce Mansour, Ibrahim Massouda, Mohamed Naghi, Marguerite Nakhla, Jean Painlevé, Samir Rafi, Khadiga Riaz, Yasser Rustum, Lothar Schreyer, Wael Shawky, Salah Taher, Virginia Tentindo, Kees Van Dongen, Amédée Vignola, Alphonse Visconti, Adham Wanly, Seif Wanly, Ramsès Younan…


Image : Antoine Malliarakis dit Mayo, Personnage, 1937 – Huile sur bois, 35 x 27 cm – May Moein Zeid & Adel Youssry Khedr Collection – © AGDAP, Paris, 2021

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