Marie Ducaté invite Denise Vergé «Table d’artiste»

Exposition

Marie Ducaté invite Denise Vergé «Table d’artiste»

Marie Ducaté invite Denise Vergé «Table d’artiste»

Dans le contexte du Festival International de la Gastronomie à Mougins (FIG), la galerie Sintitulo présente la première monographie de Marie Ducaté à Mougins, scénographiée par Denise Vergé. Lieu de villégiature pour de nombreux artistes dont le plus fameux restera Pablo Picasso, Mougins a été marqué au début des années ‘70 par un chef talentueux […]

Dans le contexte du Festival International de la Gastronomie à Mougins (FIG), la galerie Sintitulo présente la première monographie de Marie Ducaté à Mougins, scénographiée par Denise Vergé.

Lieu de villégiature pour de nombreux artistes dont le plus fameux restera Pablo Picasso, Mougins a été marqué au début des années ‘70 par un chef talentueux et son épouse qui s’y sont installés pour ouvrir leur restaurant. Pendant presque quarante ans, Denise et Roger Vergé y ont façonné une atmosphère inégalée depuis, et ont fait du Moulin de Mougins un lieu mythique. Il fut un lieu de rencontre et d’art de vivre qui, pendant presque a réussi à imprimer une incroyable dynamique positive à Mougins : les mouginois n’oublient pas cette époque où ils vivaient dans le village le plus étoilé de France (guide Michelin). La cuisine du chef Vergé est exquise, mais nous savons que le précieux secret de l’art de vivre est sublimé par Denise, son épouse. Le soin de l’accueil est primordial, l’art de fleurir les tables est sans faille et les artistes y ont «table ouverte»: César, Arman, Farhi, Sosno font partie de la maison et progressivement une collection d’art unique habite les murs et les espaces du Moulin. Le FIG a été initié il y a plus de 10 ans à Mougins par souhait d’entretenir cette légende. On y invite depuis le monde entier à échanger en langage gastronomique, le temps d’un weekend. La galerie Sintitulo, fidèle à son engagement pour la création artistique contemporaine et attachée à son positionnement «en terre de villégiature», prend le parti d’une exposition contextuelle où la recherche artistique côtoie la gastronomie et les arts de vivre et où les pratiques artistiques, l’artisanat et la scénographie imbriquent leur sérieux pour nous rappeler que toutes ces catégories définissent notre culture comme élément essentiel de partage dans nos sociétés.

Pour l’exposition à la galerie Sintitulo, et dans ce contexte bien particulier, l’artiste a invité Denise Vergé à intervenir dans l’installation de ses œuvres : dessins sur assiettes en faïence, peintures sur soie, calques peints, verres soufflés par les maîtres souffleurs au CIRVA à Marseille et en République Tchèque, dessins et motifs brodés sur textile. L’exposition est jalonnée par de nombreux instants festifs le 23, 24, 25 juin, pendant le FIG, notamment : des interventions avec les chefs dans les espaces conférences, des ateliers pour solaires, des échanges avec le public à la galerie.

 

Marie Ducaté, De la série des fleurs en faïence émaillée, approx. 20 cm. Pièce unique. Courtesy de l’artiste et la Galerie Sintitulo

Marie Ducaté

Les œuvres de Marie Ducaté circulent entre figuratif et abstrait et se jouent avec légèreté de la peinture en la déplaçant de la toile vers la céramique, le tissu, le métal, le verre ou encore le calque. Diplômée des Beaux-Arts d’Aix en Provence en 1980, son travail de peinture s’inscrit dans un premier temps à rebours de la Figuration Libre, peignant des hommes nus dans des intérieurs domestiques, et convoquant de nombreuses références historiques mais dans une détermination à « tutoyer » avec humour les fondements de la modernité. Sans égards aux genres, ses cadres s’inspirent de la sculpture anglaise tandis que ses compositions évoquent Raoul Dufy, Pierre Bonnard ou Henri Matisse, mêlant des personnages naïfs, des aplats aux contours maladroits et des jeux avec les transparences et les espaces négatifs de la peinture. Au fil des années, les recherches de Marie Ducaté glissent vers l’abstraction et se rapprochent des Arts Décoratifs par «des chemins de traverse, dans des entrelacs de lumière, de perles et de verre1». En 2004, elle expose notamment la sculpture Lumigloo dans Collection Blachère à Apt, une demi-sphère de deux mètres composée de perles, de LED et de verres soufflés. Puis en 2008, lors d’une exposition du CRAC le 19 à Montbéliard, son œuvre Les oiseaux érige un grand cylindre de rideaux transparents couverts d’oiseaux oniriques peints en transparence. L’usage plus tardif du dessin et aussi de la faïence engagent son travail vers les fables, les contes et les légendes, et rapproche ses œuvres d’Annie Albers, Sonia Delaunay ou encore l’univers du Blooms Bury Group. À partir de 2009, l’artiste exploite de manière plus spécifique des calques plissés, qu’elle peint en argent, et, se focalise sur les effets de transparence de l’aquarelle pénétrant le tissu. Pascale Triol, son ancienne galeriste et fidèle comparse décrit une pratique « sans contrainte ni tabou […] qui se sert avec liberté et insolence pour tracer sa voie […] et risque sans cesse le trop manifeste, le décalé, au péril de la méprise ».

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