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LAURÉATS 2015 – Prix HSBC pour la Photographie

LAURÉATS 2015 – Prix HSBC pour la Photographie Maia Florez & Guillaume Martial Photo promo – Guillaume Martial – DR Pour sa 20ème édition, le Prix HSBC pour la Photographie a désigné François Cheval, conseiller artistique 2015, qui a proposé12 photographes aux membres du Comité exécutif, « un choix résolu de rechercher un ton nouveau […]

LAURÉATS 2015 – Prix HSBC pour la Photographie

Maia Florez & Guillaume Martial

Photo promo - 03Martial - copie

Photo promo – Guillaume Martial – DR

Pour sa 20ème édition, le Prix HSBC pour la Photographie a désigné François Cheval, conseiller artistique 2015, qui a proposé12 photographes aux membres du Comité exécutif, « un choix résolu de rechercher un ton nouveau (…) des chroniques alertes et réjouies sur le monde, où l’observation alterne avec la narration ».

Maia FLORE et Guillaume MARTIAL ont été élus 20èmes lauréats du Prix HSBC pour la Photographie. 2015 marquera le lancement d’un accompagnement plus soutenu avec une 5ème étape dans l’itinérance et une aide à la production d’oeuvres présentées lors de cette dernière exposition, insufflant ainsi un nouvel élan aux lauréats.

Dans ces chroniques alertes et réjouies sur le monde, où l’observation alterne avec la narration et selon des formules qui préfigurent pour certaines des jours nouveaux pour la photographie, le prix HSBC 2015 livre une série de situations inédites. Il faut voir dans la sélection opérée un choix résolu de rechercher un ton nouveau. N’ayons pas peur des mots, nous avons traqué, au milieu de plusieurs centaines de dossiers, la légèreté et la fraîcheur. Certes, les temps sont graves. Il est difficile de rêver de moments plus lugubres. Il est d’autant plus nécessaire de mettre à la lumière ces jeunes gens qui, conscients de l’état de délabrement du monde, le regardent avec détachement et jouent avec ses travers.

Sous couvert de travestissements divers, de jeux de hasards, d’incongruités photographiques, les auteurs s’autorisent toutes les libertés formelles et narratives. Cela frise parfois la désinvolture. Ils seront reçus pour certains avec des airs hostiles. Ainsi nous trouvons rarement le portrait naturaliste, documentaire de la société. Pas de déclaration énamourée et amphigourique pour la préservation de la nature. Pas de dénonciation redondante de la société. Ici, le réel est tordu, mieux même, il est contorsionné. L’artifice photographique est une arme dirigée contre les artifices de la réalité, une stratégie commune à tous ces travaux. Tous sollicitent en poète l’acte photographique. Ils construisent leur objet, certes ; ils ont fait leur classe en école. Mais ils se laissent emporter par leur sens et, surtout, par l’essence des mots et des pensées qui les submergent.

Ils se disent photographes, en fait, ce qu’ils aiment, ce sont les vocables qui les soutiennent. Ces inventeurs de situations alambiquées s’appuient aussi sur la matérialité de la photographie pour donner une chair à des imaginaires puissants. Par une parfaite insouciance à l’égard de la nature de la « photographie contemporaine », ils mettent à mal ses conventions formelles. Ils reviennent aux gestes fondamentaux des pionniers pour mieux les détourner. Ils n’ont plus peur des petits formats et n’attendent que l’accident de la prise de vue au tirage. Ce qui doit advenir adviendra ! Cette privauté à l’égard des poncifs modernes est en tout point réjouissante. Elle affiche une affinité avec le jeu. La photographie s’apparente à un rébus quand le mystère règne dans l’image. Même si ces récits satisfont immédiatement le spectateur, ce qui est rare aujourd’hui, ils n’attendent que d’être interrogés sans fin. Il faut que ce témoin attentif, enfin émancipé, se dépayse lui-même pour apprécier ces spectacles sans morale. Car ils ne se donnent pas au premier regard, comme ils ne s’abandonnent pas au premier venu. S’il semble avéré que la science et l’économie aient toujours le dernier mot, il nous reste encore les aberrations de l’absurde. D’autres temps viendront, meilleurs. On le devra, entre autres, à cette génération de créateurs qui dans la tradition des « Fumistes », de Dada et des surréalistes, défient sans cesse les règles et les usages de représentation.

François CHEVAL

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