Exposition

LA SITUATION SEMBLAIT DÉSESPÉRÉE

du 29 juin au 5 octobre 2013vernissage vendredi 28 juin 2013 à partir de 18h                                  La Station est heureuse d’accueillir, pour son exposition estivale, l’artiste  britannique Glen Baxter. Il investira pour l’occasion la totalité des espaces d’exposition de la Station […]

du 29 juin au 5 octobre 2013
vernissage vendredi 28 juin 2013 à partir de 18h 

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La Station est heureuse d’accueillir, pour son exposition estivale, l’artiste 

britannique Glen Baxter. Il investira pour l’occasion la totalité des espaces d’exposition de la Station (soit 350 mètres carrés) avec notamment un grand dessin mural réalisé in situ. Il proposera également une édition limitée, spécialement conçue pour sa venue à Nice (voir plus bas, « photos de l’exposition »).

Glen Baxter invente dans les années 70 une formule de dessins légendés, dont il fait par la suite sa forme d’expression usuelle : « J’ai trouvé ma propre voie, dit‐il, en détournant l’imagerie des livres pour adolescents des années 30… ». Jouant avec les associations entre textes et images, il agrémente ses dessins old-fashion de commentaires délirants pour obtenir d’inénarrables effets de décalage. Attitude figée des personnages, absence d’ombres portées et d’expressions, arrière-plan strictement délimité, ses dessins sont construits avec une grande rigueur et évacuent tout pathos stylistique.

Explorateurs en casque colonial, étudiants en blazer, buveurs de thé et joueurs de cricket, cow-boys et autres scouts sont les héros ordinaires de Glen Baxter. Issus des récits populaires pour la jeunesse des années 30 et 40, ces personnages sont placés dans des situations absurdes et extravagantes, au milieu desquelles ils restent impassibles. « Si l’écart entre le visible et le dicible déclenche l’hilarité, c’est parfois l’incongruité commune du texte et de l’image qui prête à rire. Ainsi, dans la plus grande confusion des époques, deux cow-boys munis de colts et de lassos semblent disserter sur des œuvres apparentées à des Mondrian, ce que confirme la légende au style direct : « C’est soit un faux Mondrian des débuts soit un authentique Burberry tardif ». Au burlesque de la situation dépeinte répond ici le grotesque d’un commentaire énoncé le plus sérieusement du monde. De même pour ces trois cow-boys qui, juchés sur leurs chevaux, regardent à l’horizon des figures évoquant celles de Giacometti et s’exclament : « Des Giacometti à perte de vue, Shérif ! ». Ni aphorismes illustrés, ni simples dessins légendés, les œuvres de Glen Baxter jouent simultanément de la disjonction et de l’interdépendance d’images et de textes au style doucereux pour provoquer le rire. 1″

Ce maître de l’incongru sait parfaitement où placer le détail que l’œil découvre avec un temps de retard et qui change tout le sens de la scène. « Il suffit d’une flèche, d’un hennin, d’un feu au second plan pour que soudain la normalité bascule dans l’absurde. «Les surréalistes appelaient ça le ‘frisson’ [en français dans le texte], cette impression soudain que le sol se dérobe, qu’on est allé trop vite, que l’on s’est trompé. (…) C’est une sensation fugitive, mais très forte, comme si l’esprit perdait momentanément l’équilibre. Exactement ce que j’essaie de faire éprouver à ceux qui regardent mes dessins. J’ai toujours adoré ces accrocs dans la réalité, ces légers vertiges.» 2″

Dans ses interviews, Glen Baxter cite volontiers ses sources : Lewis Caroll, le livre « What a life » considéré par Raymond Queneau comme pionnier du surréalisme, Buffalo Bill, Tom Mix, George Herriman (créateur de « Krazy Kat »), et ceux qu’il admire le plus : Jarry, Queneau, Raymond Roussel, Beckett, Magritte, Chirico, Desnos, Man Ray…. « Mon modèle absolu pour les phrases, c’est Raymond Roussel. Il utilisait un style très journalistique, très à plat décrivant des événements absolument fantastiques. »

 

« C’est après avoir découvert le surréalisme et le dadaïsme (…) que le jeune Baxter développa, soulagé, son appétence pour le non-sense, l’incongru, l’ironie. Jusque-là, «Mr Imperfect», comme l’appelait son père, se sentait un peu fou, en tout cas déphasé. D’autant que, longtemps bègue («J’ai commencé par voir et imaginer les mots, à défaut de pouvoir les prononcer»), il a noué un rapport intense avec la langue et ses sonorités. 3″

1 Sarah Ihler-Meyer, artpress.com, 2012-2013


2 Stéphane Jarno, «Les dadas du Colonel», Télérama n° 3077, 2009


3 Marianne Payot, «Glen Baxter, colonel de l’absurde», L’Express, 2009

Glen Baxter est né à Leeds en 1944, où il a suivi les cours de l’Ecole des beaux‐arts. Peintre et dessinateur, c’est surtout son œuvre graphique qui l’a fait connaître, aux Etats‐Unis d’abord, puis en Grande‐Bretagne, en Hollande, dans les Pays Nordiques, en Australie et au Japon et bien sûr en France où il expose régulièrement. Celui qui se surnomme lui-même «Le Colonel» compte parmi ses admirateurs le Prince Charles, John Cleese des Monty-Pythons, Salman Rushdie et Tonino Benaquista.

Plus d’informations sur Glen Baxter :

le site de l’artiste : www.glenbaxter.com

son tumblr : http://glenbaxter.tumblr.com

le site de sa galerie française : http://www.lachatregalerie.com

le site de sa galerie anglaise : http://www.flowersgallery.com

La Station remercie chaleureusement Martine et Thibault de la Châtre, Patrick Michaud, les éditions Balléor, Anne-Sophie Lecharme, Odile Payen et l’hôtel Windsor.

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