Exposition

EXPOSITIONS DE BAYROL JIMENEZ ET MARC BAUER

Expositions de Bayrol Jimenez « Taste Rico » et Marc Bauer « Pleins pouvoirs, septembre » du 13 octobre au 22 décembre 2012                                                     Marc Bauer est né en 1975 à Genève, il vit et travaille à Berlin.Dans […]

Expositions de 
Bayrol Jimenez « Taste Rico » 
et Marc Bauer
 « Pleins pouvoirs, septembre »

du 13 octobre au 22 décembre 2012

maquette-bauer-web

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marc Bauer est né en 1975 à Genève, il vit et travaille à Berlin.
Dans ses dessins, M. Bauer mêle événements et personnages historiques, souvenirs personnels et intimes avec des images trouvées dans des films ou d’autres archives. Sa méthode de travail, qu’il rapproche parfois de celle d’un archéologue, cherche surtout à mettre en évidence la construction de notre subjectivité. Il tente de mettre en forme la manière dont chacun organise ses propres souvenirs et la façon dont la mémoire collective s’empare d’événements particuliers pour élaborer l’Histoire. « Qu’il s’agisse d’une histoire personnelle ou de l’Histoire, c’est une ré-écriture et ce n’est donc qu’une question de point de vue, tout comme la morale », précise-t-il. L’Histoire est donc un artefact qui est le résultat d’un montage d’événements effectués a posteriori. (…)
 
Son travail traite régulièrement de la question du pouvoir et de la domination masculine en combinant de grandes figures autocratiques avec celles du père et du grand-père ; un arrangement qui lui permet de souligner l’importance de l’idéologisation de la famille dans les régimes totalitaires. Le cinéma est (également) présent dans le travail de M. Bauer, que ce soit comme source de référence, comme dispositif générateur d’imaginaire ou dans son processus de construction, notamment le montage. De manière générale, ses dessins peuvent être perçus comme des rushes, à partir desquels il serait possible de monter une quantité infinie de films. (…) Ce travail sur la narration implique aussi un rapport étroit à l’écriture et au langage. Souvent, les dessins de M. Bauer contiennent des fragments de textes qui articulent autant le récit que la temporalité par un usage simultané du passé, du présent et du futur. (…)
 
Il y a chez M. Bauer une intensité expressive qui se retrouve autant dans ses dessins que dans ses accrochages ou mises en scène ; un travail qui entretient un rapport étroit avec  la dramaturgie, au sens large du terme. 

Texte extrait du cycle Futur antérieur, séquence d’automne 2009, écrit à l’occasion de l’exposition de Marc Bauer, Premier conte sur le pouvoir, au MAMCO, Genève, du 28 octobre 2009 au 17 janvier 2010

bayrol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bayrol Jimenez est né en 1984 à Oaxaca, Mexico ; il vit et travaille à Oaxaca, Paris et Nice.
Quoique foncièrement hétéroclite, le travail de l’artiste demeure porté par le dessin. De la feuille il use avec gourmandise, qu’il recouvre le plus souvent à l’aide de l’encre et de la couleur acrylique. L’aisance de sa façon et la liberté du traitement formel donné à ses compositions puisent indéniablement certaines de leurs racines dans la tradition mexicaine d’un dessin virtuose, visuellement imposant et souvent empreint d’un commentaire social appuyé; une approche qui ne manque d’évoquer des figures ayant fait leurs armes dans la première moitié du XXe siècle, tels Leopoldo Méndez (1902-1969) ou Feliciano Peña (1915-1982), par exemple.
Pourtant Bayrol Jiménez, sans doute soucieux de ne pas céder à une apparente facilité, semble vouloir pousser plus loin encore ces principes, vers une sorte de paroxysme faisant de la saturation de l’espace et du champ visuel l’une de ses marques de fabrique. […] Les compositions elles-mêmes ne sont pourtant pas en reste en termes de substance, qui apparaissent adeptes du mélange et de la superposition et voient se télescoper des motifs variés, voire parfois antagonistes … de prime abord seulement. Etroitement imbriquées, ces associations d’images et d’idées lui permettent d’établir des narrations, d’élaborer de véritables scenarii, presque des jeux de piste, qui néanmoins tendent à éviter un effet de révélation direct et immédiat, tant visuellement que dans la délivrance d’un quelconque message. […]
Face à l’évocation d’un tel mode opératoire, Roberto Bolaño resurgit alors, qui dans son court roman Anvers proposait une narration non linéaire, décousue, disloquée, sans structure apparente, avec des chapitres s’enchainant sans parfois de liens évidents entre eux, générant une sensation diffuse, une atmosphère enveloppante. L’écrivain appliquait là presque une esthétique du collage ; Bayrol Jiménez ne procède pas autrement. D’autant qu’au-delà de ses feuilles isolées, l’artiste aime à envisager le dessin tel une base propice à une pratique plus étendue. […] Emerge alors une conception ouverte du dessin trouvant à s’épanouir dans l’installation.

Frédéric Bonnet, extrait d’une publication accompagnant l’exposition The Roads of Devotion à la galerie Dukan Hourdequin, Paris, du 17 mars au 28 avril 2012.

Haut de page