Sur les bords, 9° version, Jean-Christophe Nourisson

Exposition

Sur les bords, 9° version, Jean-Christophe Nourisson

Sur les bords, 9° version, Jean-Christophe Nourisson

Comment emboîter des réalités distinctes, des modes d’être au monde et à l’environnement qui sortent d’une logique dualiste ? Il faut sortir des domaines d’attributions spécialisés qui font de l’espace extérieur un collage d’éléments hétérogènes (art-architecture, design-architecture, architecture-paysage).

Depuis des années maintenant, Jean-Christophe Nourisson mène de front une double interrogation sur l’espace public et sur les points aveugles de la mémoire culturelle. L’art qu’il pratique s’attache à faire surgir le sens, à enrichir spatialement et sémantiquement les situations rencontrées. Il intervient principalement dans l’espace, c’est-à-dire sur un registre tridimensionnel, dans un champ de relation perceptuelle ou le corps est engagé et sollicité. Son langage plastique est marqué par l’art conceptuel et minimal.

 

Chaque projet est contextuel. Le lieu préexiste au travail et il intervient de manière précise. Les données spécifiques : oriente la proposition. Il se sert de ces données pour construire son projet. Le travail s’appuie sur l’analyse sémantique et spatiale du lieu qu’il investit, de la discussion et du rapport constructif qui s’établit avec les commanditaires. Les œuvres réalisées entrent en conversation avec ce qui les environne. Elles sont le résultat d’une somme de décisions précises, qui engagent chacun des partenaires. (Commanditaires, entreprises et usagers). Sens et nature de l’espace sont au cœur de sa réflexion. Il réalise des installations qui interrogent la pratique de l’espace de manière indicielle. C’est le lieu du projet, du déplacement opéré par l’œuvre, de la remise en cause des usages et des pratiques. (Une rampe en braille pour des archives municipales, des lits pour le hall d’attente d’un centre social, un divan de psychanalyste pour un parc paysager, des tribunes pour les abords d’une Université, un praticable en balcon sur une vallée bretonne, des rochers de plusieurs tonnes utilisés pour s’adosser et reconfigurer un espace paysagé dans un lycée du bâtiment …). Il s’intéresse à la temporalité de la perception spatiale et pense que l’on peut regarder ses productions dans le sens d’un : “organisme-dynamique“ qui se glisse entre des réalités construites, qui reconfigure la perception et les interrelations se jouant entre œuvre, bâtiments, espace paysagé et spectateur.

 

L’art qu’il propose n’est ni du côté de la plus-value esthétique, ni du côté du vernis d’un art public considéré comme un décor. Non, tout cela est beaucoup plus direct, son geste accompagne, relance et complexifie la situation rencontrée.

Le projet que Jean-Christophe Nourisson propose et crée pour la Maison Abandonnée s’inscrit dans cette démarche où le lieu, sa spatialité interagit sur l’œuvre. La réflexion qu’il y engage répond à l’utilisation particulière et hybride qui en est faite : ni tout à fait habitable, ni tout a fait habitée, mais tout de même investit, lui conférant un statut hybride et déconnecté de la fonction première pour laquelle elle était initialement conçue.

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