Exposition

ESTIVAL MINIMAL

Quand avec presque rien, l’essence du rien devient ART. Sonia Delaunay, Quentin Derouet, Nada Duval, Paul Lelong, Sol Lewitt, Pascal Pinaud, Victor Vasarely, Ben Vautier, Jean Von Luger,Arman .   Commissaire d’exposition Camille Frasca « Less is more » Un presque rien qui fait tout. Une éthique minimaliste qui n’induit pas forcément une réduction des […]

Quand avec presque rien, l’essence du rien devient ART.

Sonia Delaunay, Quentin Derouet, Nada Duval, Paul Lelong, Sol Lewitt, Pascal Pinaud, Victor Vasarely, Ben Vautier, Jean Von Luger,Arman .

 

Commissaire d’exposition Camille Frasca

estival minimal

« Less is more »

Un presque rien qui fait tout.

Une éthique minimaliste qui n’induit pas forcément une réduction des moyens.

Dans tous les cas, un pas grand chose formel, allant d’un morceau de bois « qui intéresse » à une nature morte de choses banales mais agréablement peintes du XVIII siècle, d’un simple trait de rose à quelques coups de crayons esquissant un visage, de quelques lignes ondulées à de la poussière noire.

L’adjectif minimal est ici employé au sens large et poétique. Il veut recouper tout ce qu’implique cette notion, toutes les idées qui en découlent, toutes les images qu’il fait surgir.

Les œuvres présentées à l’occasion de cette exposition peuvent être perçues comme des vanités minimales, des semblants de représentations, de pures intentions artistiques.

Elles semblent vouloir attirer l’attention du spectateur vers ce qui suffit à définir la peinture, vers ce que certains ont tenté de décrire comme le moment extrême où la peinture risque de ne plus exister, vers ce point de non–retour où la seule question qui subsiste est « Et ensuite ? Que fait-on pour continuer à peindre ? »

Elles témoignent de la poursuite à ce jour d’interrogations fondamentales, et d’une nuance dans la pratique d’artistes historiques.

Car c’est bien de peinture qu’il s’agit ici, à travers cet accrochage qui joue sur les associations magiques, l’hors-temps, la perception dilettante, joyeuse, festive, légère de plusieurs univers qui s’entrechoquent. Virtuosité ou non, technicité ou non, il s’agit ici de paraphraser Baudelaire dans l’Eloge du maquillage et de dire qu’un « rien embellit ce qui est », et qu’avec cette simple pensée, tout peut devenir atemporel.

Jeux de temporalité, jeux de simplicité. Anachronismes et rapprochements. Proposition estivale.

Un rien peut donc tout faire. Et l’économie de moyens, d’images, de formes, d’idées, de style, entraînent le jaillissement artistique.

texte : Camille Frasca


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