Exposition

DEL’ART N°23

15 décembre 2011 / 15 mars 2012 En couverture : Philippe Ramette                                                 C’est au début des années 1990 que sont apparues les premières œuvres de Philippe Ramette. Après des études à la […]

15 décembre 2011 / 15 mars 2012

En couverture : Philippe Ramette

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Philippe Ramette
Exploration rationnelle des fonds sous-marins :
la carte
2006
Photographie couleur
150x120cm
Photographe Marc Domage © Philippe Ramette
Courtesy galerie Xippas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est au début des années 1990 que sont apparues les premières œuvres de Philippe Ramette. Après des études à la Villa Arson, à Nice, où il renonça rapidement à poursuivre ses tentatives de peintre, il commença à réaliser d’étranges installations, mélanges de bricolages ingénieux et d’objets délicatement fabriqués d’où émanaient déjà ce qui aujourd’hui encore trame son travail : l’humour, le grincement, la peur, l’ironie, parfois le dérisoire, mais aussi la mise en jeu de l’art, au sens premier du terme. Enoncés dans leur relation au corps comme étant des objets à réflexion, ses œuvres, dont le titre occupe une place importante, se présentent souvent comme autant d’appareils ou de dispositifs à expérimenter physiquement ce qui ne devrait être qu’un processus de pensée : Fauteuil à voyager dans le temps(1991), objet à se voir regarder (1990), Point de vue individuel portable (1995), Potence préventive pour dictateur potentiel (1993), Prothèse à Dignité &Prothèse à Humilité (1992).

Si Philippe Ramette se définit avant tout comme un artiste sculpteur, la photographie, souvent restée confidentielle au départ, est très vite intervenue dans son œuvre comme une manière d’attester, se mettant lui-même en scène comme utilisateur de ses propres objets, – Socles à réflexion (utilisation), 1989-2002,Boîte à isolement (utilisation), 1989-2004, objet à voir le monde en détail (utilisation), 1990-2004, objet à voir le chemin parcouru (utilisation), 2003- puis est devenue le prétexte à toutes sortes d’expériences et de mises à l’épreuve. Le travail photographique se situe comme un prolongement logique à la pratique de la sculpture. 
Utilisant le procédé de renversement de l’image ou de son propre corps comme objet de la démonstration, l’artiste se met à l’épreuve du monde et défie les principes de l’apesanteur. Les prothèses, invisibles à l’image, camouflées sous ses vêtements, habituel costume-cravate, permettent à l’artiste d’expérimenter des positions qu’il nomme « irrationnelles » durant le bref instant d’une prise de vue.
Dans la continuité des projets photographiques initiés en 2004, Philippe Ramette réalise en 2006 un ensemble de photographies intitulées Explorations rationnelles des fonds sous-marins. Ces photographies présentent l’artiste évoluant sous l’eau en promeneur solitaire, ignorant les contraintes des profondeurs. Ses œuvres les plus récentes laissent la part belle à la sculpture et aux installations. Philippe Ramette s’aventure là où on ne l’attend pas, en explorant de nouveaux territoires, avec la poésie et la justesse qui lui sont propres.

L’artiste nous dévoile son univers renversant, dans le parcours d’un funambule, entre équilibre et déséquilibre, qui questionne le cheminement de l’artiste comme celui de tout un chacun, toujours sur le fil, pris entre chute et ascension, entre contemplation rationnelle et irrationnelle, entre apparition et disparition.

Philippe Ramette est né en 1961
Il vit et travaille à Paris

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