Exposition

COMMENT SE FAIRE RACONTER LES GUERRES PAR UN GRAND-PÈRE MORT

JEAN-YVES JOUANNAIS Galeries des Cyprès Cette exposition tente de révéler les sources et les développements parallèles du travail mené depuis 2008 par Jean-Yves Jouannais sur L’Encyclopédie des guerres, qui sous la forme d’un abécédaire à géométrie variable, a pour ambition de constituer le récit oral de l’ensemble des conflits armés de l’Iliade jusqu’à la fin […]

JEAN-YVES JOUANNAIS

Galeries des Cyprès

Photographie Hervé Véronese - Centre Pompidou

Photographie Hervé Véronese – Centre Pompidou

Cette exposition tente de révéler les sources et les développements parallèles du travail mené depuis 2008 par Jean-Yves Jouannais sur L’Encyclopédie des guerres, qui sous la forme d’un abécédaire à géométrie variable, a pour ambition de constituer le récit oral de l’ensemble des conflits armés de l’Iliade jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’Encyclopédie des guerres est une entreprise littéraire qui s’invente à force de citations et de collages, de rapiéçages, voire même de fictions, sans pour autant rechercher le moindre destin éditorial.

« Les deux cycles de conférences intitulés L’Encyclopédie des guerres, au Centre Pompidou depuis 2008 et au théâtre La Comédie de Reims depuis 2010, font le pari de raconter, sous forme d’abécédaire, l’intégralité des conflits et de chacun de leurs aspects, depuis l’Iliade jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dans ce cadre de rendez-vous au long terme, la mise en circulation orale est envisagée comme mode de production littéraire. L’Encyclopédie des guerres est un roman qui s’invente à force de citations et de collages, de rapiéçages, mais qui ne deviendra jamais un livre et que je ne signerai jamais. Certaines légendes sont nées au fil de ce récit improvisé.

J’ai par exemple progressivement inventé un rôle à mon grand-père paternel, Jean Jouannais, mort en 1945. J’ai fantasmé une histoire familiale où ce grand-père m’aurait raconté ses faits d’armes. D’où l’intuition que ce que je faisais s’apparentait à de la ventriloquie. Je me mettais dans la peau d’un grand-père qui me racontait l’histoire des guerres. Je prenais en charge, en le créant, ce que quelqu’un d’autre aurait dû me transmettre. Disons en somme que je suis une sorte de chercheur qui inventerait la matière de ses enquêtes. Comme si un géographe inventait une contrée afin de pouvoir l’explorer ; ou un biologiste rêvait d’une espèce animale et consacrait le reste de sa vie à en faire l’étude.

L’exposition Comment se faire raconter les guerres par un grand-père mort est l’extension, ou la transposition, dans un lieu d’exposition, de cette entreprise à la fois de fiction et de savoir, où, plus précisément, la fiction s’essaye à produire de la connaissance. »

Jean-Yves Jouannais

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