Exposition

A double détente : Gérard Traquandi en regard de Hans Hartung 

En 2008, la Fondation Maeght consacre une exposition à Hans Hartung. À cette occasion, Gérard Traquandi révèle à Catherine Issert les affinités existantes entre son œuvre et celle de Hartung. De ce dialogue est née l’idée d’imaginer une exposition qui mettrait en regard leurs pratiques ; huit ans plus tard, la voici : l’exposition À […]

En 2008, la Fondation Maeght consacre une exposition à Hans Hartung. À cette occasion, Gérard Traquandi révèle à Catherine Issert les affinités existantes entre son œuvre et celle de Hartung. De ce dialogue est née l’idée d’imaginer une exposition qui mettrait en regard leurs pratiques ; huit ans plus tard, la voici : l’exposition À double détente sera présentée à la galerie Catherine Issert du 9 juillet au 3 septembre 2016.

A double detente

Lorsque les tableaux de Hartung regardent les œuvres de Traquandi, des connivences d’ateliers, des gestes, un certain regard sur la matérialité du monde émergent pour créer un dialogue artistique et esthétique fort. Les abstractions traversées de mouvements glissants de Traquandi croisent les gestes lyriques et dynamiques de Hartung ; leur rencontre génère des sensations faites de couleur et de rythme qui nous amène au cœur d’un monde naturel vibrant et profond. Tous deux sont des peintres du geste, du faire : leurs tableaux émergent d’une approche sensuelle et processuelle de la peinture. Si Hartung, fasciné depuis l’enfance par les manifestations météorologiques comme les éclairs, cherchait dans ses œuvres à traduire l’énergie et les rayonnements de l’univers, Traquandi en conserve une approche plus humaine. Sa fascination pour le paysage l’amène à créer des peintures dans lesquelles une roche, des fleurs, une plante ressurgissent sous forme de traces ou d’empreintes.

© galerie Catherine Issert

© galerie Catherine Issert

Le rapport au temps qu’entretiennent les 2 artistes est semblable dans leur approche du processus. Tous deux travaillent patiemment leurs fonds sur de grands formats, qui de par la lenteur du procédé acquièrent une profondeur intérieure qui « pose » le tableau. Par dessus ces fonds savamment travaillés sont apposés des gestes rapides dans un temps très court. Cette « double détente » est précisément ce qui construit, pour chacun de ces peintres, l’œuvre. Pas de repentir possible avec cette technique : soit le tableau existe, et cela dans un instant décisif et un espace précis, soit il n’est pas. Pour Hartung, cela se joue dans « les miracles de ces passages presque imperceptibles où la pureté des couleurs reste intacte mais où elles se fondent (…)1 ». Pour Traquandi, c’est un moment où l’œuvre le dépasse : «quand un tableau est beau, il n’a pas d’auteur 2 ».

1 Hans Hartung, l’œuvre ultime, Galerie Sapone, 2007 2 Contact, trace, tracé, Baldine Saint Girons, in Gérard Traquandi, œuvres – 01.2009, 04.2012, Editions P.

lien : http://www.galerie-issert.com/expositions/111-galerie-dart/expositions/2016/118-09-07-16-03-09-16

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