Aya Takano, Synesthesia

L’Association MONACO PROJECT FOR THE ARTS présente la première exposition personnelle d’Aya Takano à Monaco, du 08 juillet au 30 août 2017. Intitulé Synesthesia, l’événement révèle en vingt et une œuvres, les obsessions de l’artiste japonaise et son rapport si particulier à l’univers.     « Peintre, dessinatrice, auteure de science-fiction et de mangas, Aya […]

L’Association MONACO PROJECT FOR THE ARTS présente la première exposition personnelle d’Aya Takano à Monaco, du 08 juillet au 30 août 2017. Intitulé Synesthesia, l’événement révèle en vingt et une œuvres, les obsessions de l’artiste japonaise et son rapport si particulier à l’univers.

 

                                         Aya Takano © DR

 

« Peintre, dessinatrice, auteure de science-fiction et de mangas, Aya Takano fait partie de Kaikai Kiki, le studio de production artistique créé en 2001 par Takashi Murakami, son mentor. Inspirée par tous les arts, des estampes érotiques de la période Edo à l’impressionnisme, d’Osamu Tezuka à Gustav Klimt, l’artiste a pourtant construit un univers qui lui est propre. (…)

Les voyages intérieurs d’Aya Takano se retrouvent dans des œuvres délicates, d’où se dégage un sentiment de trouble, entre érotisme et impertinence. Dans une chambre à coucher ou dans le métro, devant les gratte-ciels d’une mégalopole ou sur la lune, de très jeunes filles androgynes et naïves sont représentées par de fines lignes nettes. Elles ont de longues jambes, de grands yeux étonnés cernés de noir, des bouches comme des boutons de rose. Souvent nues, parfois drapées de kimonos ou habillées à la dernière mode de Tokyo, ces jeunes femmes se parlent, s’embrassent, se touchent. Leurs genoux ou leurs coudes sont systématiquement rougis, résultat d’une sensibilité extrême. Elles flottent, volent par-delà les nuages, communiquent avec leurs pairs ou avec des animaux exotiques, parfois difformes, toujours complices.

Toutes ces visions, riches et ambiguës, sont nourries depuis 2011 par un respect renouvelé pour la nature et la vie humaine : cette prise de conscience fut provoquée par le violent tsunami qui avait frappé les côtes nord-est du Japon puis entraîné la catastrophe de Fukushima. C’est ainsi que se construit la mythologie d’Aya Takano, au fil de ses œuvres et de ses visions de l’inconnu : pour la première fois au Pavillon Bosio, l’artiste dévoile une série d’œuvres récentes, dans une exposition solo inédite intitulée Synesthesia. La synesthésie est un phénomène neurologique, par lequel plusieurs sens sont associés. Avec Aya, elle devient le moyen d’embrasser l’univers tout entier, ses mystères et ses possibilités infinies : « Ressentir le goût et la couleur de la musique, se représenter un décor avec des nombres… Depuis l’enfance, j’arrive à me figurer un paysage avec des phrases et de la musique. Ce que nous percevons n’est en réalité qu’une infime partie de l’immense somme d’informations qui existe dans l’univers, ainsi que le suggéraient Henri Bergson, Aldous Huxley, les philosophes indiens ou les maîtres zen. Les bébés naissent avec ce pouvoir de synesthésie : on dit qu’il est ensuite divisé en cinq sens à la croissance. J’ai l’espoir que nous pourrions tous ensemble retrouver la source de tout, là où tout ne fait qu’un, au-delà de toute perception normale. »

Karine Porret

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