du samedi 23 juin 2012 au samedi 6 octobre 2012

Le réseau BOTOX[S], en plus d’être un excellent outil de communication et de fédération des acteurs culturels locaux, s’inscrit comme un outil de médiation culturelle, de maillage du territoire et des publics.

C’est dans cet objectif que BOTOX[S] inscrit son projet sur l’oralité intitulé « Voix Publiques ».

Durant tout l’été 2012 : 
les samedis du 23 juin au 28 juillet 
et 
du 8 septembre au 6 octobre 2012, 
une dizaine d’artistes sont invités à créer des situations de parole publique dans les espaces extérieurs (jardin, parking, terrasse, trottoir, place…) de 10 structures d’art contemporain membres du réseau BOTOX[S].

A la manière des Speaker’s Corner de Hyde Park à Londres, les artistes auront toute liberté pour apparaître en prédicateurs, poètes, savants, conteurs, théoriciens, pamphlétaires, philosophes, voire mimes…

Ce projet permettra également au public de découvrir les expositions en cours dans les différents lieux.

Un an après l’expérience des « Traversées du Territoire » menées par Mathieu Tremblin, Dector & Dupuy et Hendrik Sturm, Botox(s) continue d’interroger le rôle de l’artiste dans le territoire. Il s’agit aussi de donner un autre visage de l’art, aux frontières  de l’exposition et de la vie, créateur de formes, de situations et de langages.

 

23 juin : Galerie Depardieu 
18, Avenue des Fleurs 06000 Nice

LE POETE EN BOITE
Alain Arias-Misson, à 18h

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Arias-Misson, dualité d’origine Belge et Américain (double nationalité), dualité de fonction créatrice – écrivain de romans aux U.S.A., en Europe, artiste qui crée des objets litéraux, c’est à dire objets de toutes sortes de matières, toujours fondés sur la parole, parole au coeur (littéralement) des objets- et encore, inventeur du Public Poem, depuis 45 ans, il crée des écritures de la rue, il écrit sur la rue comme sur une page, des interventions ludiques, oniriques et -fort politiques (ville-polis)- . 
Il travaille surtout en Italie, en Espagne, en France et en Belgique (et à New York).

Le 23 juin à la galerie Depardieu à Nice, »Le Poète-en-Boîte » traitera essentiellement de la situation du poète dans la société contemporaine– de sa liberté- futile »

 

7 juillet : l’Espace A VENDRE 
2, rue Vernier 06000 Nice 

PHILIPPULUS
Damien Chiarabelli, à 18h30 (durée : 45 minutes)

 

 

 

 

 

 

 

 

J’aimerais avoir comme Jean 
La vision de l’apocalypse
Parce que je sais pas du tout
Comment tout ça va foirer
Au final

 

14 juillet : Musée national Marc Chagall
Dans le jardin du Musée Av Docteur Ménard 06000 Nice


EXTRANEITE
 
Eric Duyckearts et Joseph Mouton, à 15h30

 

 

 

 

« 

 

 

 

L’après-midi du quatorze juillet 2012, Éric Duyckaerts et Joseph Mouton donneront une performance commune dans le jardin du Musée Chagall. Comme l’événement a lieu dans le contexte de l’exposition « Exils, réminiscences et nouveaux mondes », le duo a promis de discourir à deux voix de l’exil (rappelons qu’Éric Duyckaerts est belge, mais vit en France depuis plus de vingt ans), mais il sera question d’autres choses aussi qui pourraient élargir la problématique initiale, sans parler des chansons auxquelles nous ont habitués les deux performeurs ou des straubismes, qui leur ont valu récemment un succès remarquable. De quoi qu’ils traitent en somme, dirons-nous, Éric et Joseph se font les amplificateurs luxueusement personnalisés de la VOX INTELLECTUALIS (la voix de l’intelligentsia) ; car ils lui prêtent la chaleur, l’enjouement et l’autorité de leur connivence. »

Joseph Mouton

 

21 juillet : Espace A Débattre / Ben 
2, rue Vernier 06000 Nice 

SPAM, SPAM, SPAM, SPAM, SPAM

Anna Byskov, à 18h30 (durée : 20 minutes)

Anna Byskov, URBAINES 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Nelly Rodriguez

Mettant son corps (et parfois son esprit) en jeu dans des actions décalées dans lesquelles le non-sens l’emporte sur la raison (comme plonger jusqu’à n’en plus pouvoir dans une piscine après avoir enfilé un maillot de bain trop grand, ou comme se taper la tête contre les arbres jusqu’à en perdre le nord…), Anna Byskov ne rechigne pas à la tache. Engagée physiquement dans son œuvre, pour la cause de l’auto-dérision, du burlesque et pour l’envie de tenter l’impossible, ses vidéos comme ses actions montrent une artiste déterminée dans son projet.
Anna Byskov se met également en scène en incarnant des personnages extravagants et stéréotypés. Ceux-ci empêtrés dans des conversations saugrenues déploient des dialogues paradoxalement absurdes et plausibles qui tendent souvent à relativiser la notion de folie ou d’idiotie.
Son travail de sculpture s’appuie lui aussi sur cette nécessité de contrer la valeur et la pérennité des choses et c’est donc avec le déséquilibre et le carton qu’elle construit. Comme pour être sûr que rien ne résistera au temps. Qu’une fois montrer, ses formes fragiles tomberont comme elle-même tombe quand elle tente de gravir ses escaliers de papier (L’escalier).

documentsdartistes.org

 

28 juillet : Galerie Sintitulo + Musée de la Photographie A.Villers
Porte Sarrazine 06250 Mougins Village

VOIX
Caroline Bouissou, à 18h à Mougins

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur une invitation de la Galerie Sintitulo et du Musée de la Photographie André Villers de Mougins, l’artiste restituera au public, à l’heure du brunch, une lecture de textes anonymes.

Crée sur l’idée d’une performance sans effet, transportable et transposable à de nombreux lieux (tout comme les performances « La Valise », « Take a picture with a tourist » ou encore le projet interactif  et contextuel « Pollen » ), « Voix » correspond au mode de vie d’artiste-voyageuse.

Le protocole de cette performance se déroule en deux temps. 

D’abord la « récolte de lettres », à travers la rencontre avec les mouginois, ceux que l’artiste appelle « participants à l’espace public ». Pendant une semaine en touriste, ou « artiste résident » à Mougins, Caroline Bouissou prendra contact avec ceux qui animent l’espace public du village : restaurateurs, galeristes, artistes, habitants, touristes, acteurs municipaux. Ils lui écriront des lettres. Ensuite, un samedi, le 28 juillet, jour du vernissage d’Aurore Valade à la Galerie Sintitulo, Caroline Bouissou activera le « coin des orateurs » à Mougins en lisant publiquement ces lettres, anonymes, sans distinction ni censure. 

En parlant de sa performance, l’artiste aime donner cette citation d’Aristote : « Il est probable que des choses improbables se produisent ». Les actions de Caroline Bouissou revêtent un caractère éphémère. Aucune trace ni substitut n’est proposé à ceux qui les ont ratées. Seuls le protocole écrit ainsi que l’annonce (affiche / flyer) indiquent l’action. Elle est pour une réincarnation du moment présent et s’inscrit contre la surdocumentation de toute chose entraînant un flux et un emmagasinement d’images s’annulant les unes les autres.

« Voix » à été réalisée en 2009 au Canada à St jean Port Joli, avec la résidence Est Nord Est, en 2008 à Cunlhat en France et avec la résidence le Collombier. Cette performance à fait l’objet d’une exposition d’un an (2009 – 2010) au Musée de la mémoire vivante à Saint jean port joli, Québec, Canada. 

 

8 septembre : Keskon Fabrique ?
3, rue Molière 06000 Nice 

BATUCATONG A LA RUE

Zicomatic / David Lucas
Spectacle de géomusicographie burlesque, à 11h (durée : 45 minutes)

f

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le projet Voix Publiques, le connectif KKF a choisi de présenter les artistes de Zicomatic, David Lucas et Franck Besnier, comédiens, musiciens, clowns, pour le rapport de l’homme à autrui qu’ils proposent, à travers les questions du partage, de la consommation, du recyclage, sous une forme burlesque, musicale et participative.

Pendant 45 minutes, ZICOMATIC proposerons une adaptation de BATUCATONG, leur spectacle de géomusicographie burlesque, à la manière des crieurs de rue pour interpeller le passant et le faire entrer dans leur univers énergisant !

Un banquier corrompu, un inventeur survolté, deux mondes qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, l’un est en réinsertion chez l’autre, ils chantent, interpellent, dérangent, jubilent. Entre deux chansons, les personnages se racontent, se rencontrent, et le public peut même se retrouver dans le jeu de ces deux personnalités.

Un duo burlesque chantant à l’énergie communicative, qui nous entraîne dans un univers touchant, vivant et drôle à la fois.

Renseignements :
Marie Nicola, 06 84 08 97 56
keskonfabrique@gmail.com

 

15 septembre : La Station

Halle sud du Chantier Sang Neuf 
89, route de Turin 06300 Nice 


APPARTUS OF COSMIC FLOW, WITH SNACKS
Mud Office, à 18h
+ A la nuit tombée, 
projection projection de 3 films extraits de 9 EVENINGS, THEATRE AND ENGEENERING 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MUD OFFICE, collectif anglais composé des artistes Charlie Jeffery et Dan Robinson. 
The MUD office, créé par les artistes anglais Charlie Jeffery et Dan Robinson en 2005, se présente comme une organisation fictive entre bureaucratie et entreprise. Un manifeste et des règles définissent les objectifs et le fonctionnement de ce « bureau de la boue », tournant en dérision les pratiques sociales et organisationnelles des sociétés occidentales. Avec la boue, The MUD Office s’approprie un matériau dévalué qui constitue pour lui un composant organique élémentaire, à partir duquel il invente une économie organique. The MUD office met en place des contextes de réflexion, des événements et des outils de communication autour de cette économie : cela produit des œuvres, des expositions, mais aussi des performances, des concerts ou bien encore des conférences informelles. 
Pour plus d’informations : http://www.themudoffice.blogspot.fr/

+ Projection de 3 films extraits de 9 EVENINGS, THEATRE AND ENGEENERING

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces films documentent une série de performances ayant eu lieu au 69th Regiment Armory de New-York du 13 au 23 octobre 1966. Les performances combinent théâtre, scénographie, arts visuels, danse et musique : elles sont nées de la collaboration entre dix artistes et trente scientifiques et ingénieurs, sous l’impulsion de Bell Telephone Laboratories.

Les 9 evenings ont été filmés par l’artiste Alphons Schilling et photographiées par Peter Moore, Robert Mc Elroy et Franny Breer. Cette documentation filmique avait disparue depuis trente ans : la réalisatrice Barbro Schultz Lundestam l’a restaurée et remontée, puis l’a étoffée d’entretiens réalisés avec les protagonistes de cet événement historique. (Film réalisé et produit avec le soutien de : Experiment in Art and Technology, et Cage Trust – NY – Fondation Langlois – Montréal – Cinémathèque de la Danse et Centre Pompidou – Paris / La Station remercie Colette Tron et Alphabetville – Marseille). 
Pour plus d’informations : http://www.9evenings.org/

 

22 septembre : Galerie Sandrine Mons 
chez Loft 25, rue de la Buffa 06000 Nice

THE UNDERDEVELOPED MAN
Messieurs Delmotte, à 18h (durée : 10 à 25 minutes)

 

 

 

 

 

 

 

 

Messieurs Delmotte vit et travaille à Liège.
Il s’agit d’un vidéaste belge peu ordinaire. L’élément essentiel de son travail est la banalité. Toutes ses « actions » – car c’est cela que représentent les vidéos – se déroulent dans des espaces d’une totale banalité, qui ne semblent investis d’aucun sens. 
Les « actions » ne sont rien d’autre que la captation neutre d’actes d’une extrême simplicité, presque enfantins. Elles n’ont quasiment aucune dimension narrative et défient véritablement la réalité. 
L’humour est un facteur important, même s’il n’est pas dominant. Les vidéos de Messieurs Delmotte sont drôles, mais leur but n’est pas de faire rire; le vidéaste n’est pas un clown. 
Ce qu’il veut, c’est manifester une douce résistance aux suppositions quotidiennes régissant l’existence des gens. Messieurs Delmotte le fait avec une grande conviction – comme s’il ne pouvait pas faire autrement. C’est sa manière personnelle de s’opposer à la banalité.

 

29 septembre : Galerie de la Marine 
59, Quai des Etats-Unis 06300 Nice
(sur une invitation de Sandrine Mons)

UN PROJET BIEN CONSTRUIT

Neven Allanic et Geoffrey Crespel (durée : 20 minutes)
Lieu de l’intervention : Quai Rauba-Capeu

 

 

 

 

 

 

 

Nous travaillons en ce moment sur l’oeuvre Un projet bien construit.
Cette oeuvre associe nos pratiques respectives de l’installation et de la performance autour de deux axes de recherche : le geste (Neven) et la parole (Geoffrey) dans le cadre de l’art contemporain, de ses politiques et de son emblématique Cube Blanc. Pour le moment, le projet tient essentiellement en une correspondance.
Si nous devions synthétiser notre désir de travailler ensemble sur Un projet bien construit, nous parlerions de notre première rencontre en juin 2011 à Leipzig, où Geoffrey était invité en résidence à Fugitif, structure crée initialement par Neven. 
Au coeur de cette résidence, de nombreuses questions se sont posées sur le statut d’artiste et sur les solutions que chacun se donnent pour avancer. D’autres artistes et commissaires étaient également en résidence. Fugitif est devenu ce que c’est, une plate-forme de rencontres, de partages et d’inventions pour les jeunes acteurs de l’art que nous sommes.

Est né là bas un désir depuis intact de travailler ensemble puisque nos pratiques ont des questionnements communs, puisque, en tant qu’artistes, nous pouvons inventer nos méthodes de travail, puisque l’union fait la force.
Le point sur lequel nous nous rejoignons se situe quelque part à côté du Cube Blanc, que nous questionnons chacun à notre manière. Geoffrey du côté de l’installation et de l’écriture, Neven, usant de la pantomime et de la performance. Si nous prenons le Cube Blanc comme objet d’étude, c’est pour en extraire le contenu et ainsi, comprendre le monde artistique auquel nous avons été formés (à Nantes aux Beaux Arts pour Geoffrey et à la Villa Arson pour Neven).
Nous suivrons pour cela la conclusion magistrale qu’a faite Brian O’Doherty, dans White Cube, l’espace de la galerie et son idéologie : le White Cube est devenu le seul contenant psychologique pour les artistes contemporains.
Afin d’amener ce dialogue plastique à générer une oeuvre commune, la rencontre est indispensable. Nous avons commencé par Leipzig en juin 2011à Fugitif puis en Bretagne en février 2012, nous continuerons avec Strasbourg en mai 2012 avec le festival INACT où nous proposerons une première version du Projet bien construit. Ces moments font parties intégrante de l’oeuvre qui garde les traces de ces rencontres. Un projet bien construit, installation-performance questionnant la place du cube blanc dans notre pratique artistique, est notre fil d’Ariane. Notre intervention à Nice sera pour nous l’occasion, après Strasbourg, de continuer à éprouver cette oeuvre-processus au sein d’un nouveau contexte, l’espace public. 
Un projet bien construit a pour objectif le bonheur. 
Un projet bien construit se donne comme objet le White Cube. 
Un projet bien construit sera une somme de gestes et de paroles scénographiées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Neven Allanic vit et travaille à Leipzig en Allemagne 

Diplômé de la Villa Arson en 2007, il gagne le prix Gras Savoye la même année qui lui permet d’exposer à la maison rouge, fondation antoine de galbert en Avril-Mai 2008. 
Son travail est en permanence une réflexion multifacette qui s’amuse des différents codes qui régissent nos vies, ceux de l’art notamment mais également ceux de notre enfance, du monde de l’événementiel, du monde du cirque et les détourne de leur fonction pratique pour les amener vers une autre réalité. Il s’inspire du monde actuel et passé. 
Il fabrique ses propres codes et engendre ainsi une fantasmagorie personnelle où l’incidence des évènements naturels avec le spectateur se confronte à des évènements artificiels qui utilisent ces mêmes éléments naturels . 
Sa pratique plastique est multidisciplinaire : photographie, sculpture, installation (vidéo, sonore), vidéo, court-métrage. 

 

 

 

 

 

 

Geoffrey Crespel s’emploie, depuis plusieurs années, à mettre en scène des dispositifs qui se réfèrent autant aux espaces littéraires « monstrueux » d’un Borges ou d’un Danielewski qu’aux dédales labyrinthiques que suggèrent ces formes d’architectures mentales.
L’artiste puise dans les récits de ces « utopies spatiales » pour impliquer le corps du visiteur dans des scénographies complexes et démultipliées, qui remettent en cause les archétypes de nos architectures modernes et la mémoire vivante de ces espaces quotidiens, comme la maison, l’atelier ou la chambre.
Si les murs transpirent, respirent et toussent, un personnage allégorique* y vit et symbolise tout autant la posture de l’artiste que la mémoire de ces espaces sensibles qui rétrécissent ou s’étendent à l’infini. Pris entre une architecture impérieuse et la précarité de son équilibre, le visiteur se retrouve dans une relation conflictuelle entre la nature géométrique de l’espace physique et celle, entropique, de son propre corps.
*Le chat, figure romantique de la « sauvagerie domestiquée » contenue dans notre urbanité, qui ne perçoit le monde extérieur que depuis sa fenêtre. Judith Lavagna

6 octobre : Hôtel Windsor 
dans les jardins de l’Hôtel Windsor, 11 Rue Dalpozzo 06000 Nice
(sur une invitation de Sandrine Mons)

DOUGLASS
Rdv à 11h30 / Performance à 12h

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On l’imagine volontiers partant chez le caviste, ses sacoches sur son vélo, humant l’air du temps, distillant ses humeurs du jour, ébauchant dans sa tête un début de performance à partir d’une trouvaille. 
Rompu aux aspérités de l’étal du galeriste, de l’artiste et du caviste, Douglass cueille son métier par la racine, c’est-à-dire aux achats, acte fondateur d’une performance préparée pour saluer l’instant. 
En art, pour lui, l’instant s’appelle le bon produit, au bon endroit au bon moment. Ayant touché un peu à tout ce qui se mange et accumulé du galon sur ses papilles gustatives, au travers d’un parcours garni, l’artiste ne cherche pas à prouver quoi que soit, ni par sa capacité à innover, ni par sa maîtrise de l’arsenal gustatif, montrant qu’il sait jouer dans la cours des grands, mais seulement pour régaler les plus passionnés.
Il se qualifie lui-même « s’être toujours senti dans ce métier comme un pure sang sans course à courir « . Il fait l’art qu’il aime, entendez celui qu’il apprécierait de vivre dans les galeries qu’il affectionne. 
Sa formule est simple, une performance renouvelée chaque fois et tirée du schéma gourmand relationnel que lui inspire la vie. Tel jour un Vélo Bar, la veille une Cheese Party, le surlendemain une performance à l’Hôtel Windsor.

Un challenge bien plus audacieux que de s’en tenir à un art carte – même bien construit – confortablement installé dans un sofa de cadres dorés gravés sur une peinture de marbre immuable.
La gourmandise des puissants comme parfois celle des humbles nous donne souvent à sourire,  le plaisir de conter et de rire se conjugue au plaisir d’apprendre et l’art rivalise avec le palais pour nous emporter… Douglass s’impose une remise en question quotidienne, en osmose avec les problématiques de notre société, sans autre forme de procès que celui du goût juste. De l’art quoi. Cela peut donner des performances critiques, reflets de la société onaniste actuelle.
Des idées certes, mais aussi beaucoup de sensibilité et une jolie dose de modestie, aucune performance ne cherchant à épater la galerie. La vérité est dans le gustatif, pas dans les intitulés. Moult artistes affirment ou prétendent vénérer l’art. 
La plupart tient parole sans aller pour autant au bout du sacerdoce. Pas toujours évident de s’effacer devant un Damien Hirst. En laissant aux choses la saveur de ce qu’elles sont, Douglass est en conformité avec ses convictions.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Le projet VOIX PUBLIQUES reçoit le soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Il est mené en parallèle avec l’exposition A la vie délibérée – Une histoire de la performance de 1951 à 2011 organisée par la Villa Arson du 1er juillet au 28 octobre 2012. Exposition organisée en partenariat avec le conseil général des Alpes-Maritimes et le magazine la Strada.