du samedi 19 mai 2018 au jeudi 28 février 2019

Dans le cadre de son parcours d’exposition JADIS DÉJÀ, Dans la lignée des passeurs et créateurs de mémoires, Le Musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap accueille, de mai 2018 à fin février 2019 :

Franck POURCEL

Ulysse ou les constellations

Relecture photographique des textes d’Homère et visions d’une Méditerranée du XXIe siècle en mouvement, parcourue à la fois par les symboles antiques et les enjeux du monde contemporain. Frédérique Verlinden, conservateur en chef du Musée muséum

Franck Pourcel, Constellations


Ulysse ou les constellations de Franck Pourcel (né en 1965, vit et travaille à Marseille)

« Le projet artistique Constellations […] est le point de départ d’une nouvelle forme de création par l’utilisation de la cartographie. […] commencé en 2003, il s’est poursuivi jusqu’en 2010 avant de faire partie, de 2011 à 2013, d’un atelier de l’Euroméditerranée, porté par Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, le Fonds régional d’art contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Société Nautique de Marseille. […]

Constellations a été mené sur l’ensemble du territoire méditerranéen. Il part du voyage d’Ulysse et s’ouvre sur une géographie photographique, poétique et subjective, la première constellation. Le voyage d’Ulysse est le fil d’Ariane. Cette constellation d’Ulysse est déclinée en 12 autres, récits photographiques définis à partir de thématiques contemporaines, comme les paysages du littoral, les portes, les conflits, les dieux, les corps, l’environnement, les murs, la pêche, la vie ordinaire, les insularités, les mobilités, le bonheur.

[…]

Le sujet s’inscrit dans une géographie propre qui devient l’élément constitutionnel de référence, le décor originel. L’homme en est l’acteur et se positionne au centre de mes préoccupations et de ma création. Le travail sur le long terme me permet une compréhension du sujet en profondeur, de rester au-delà de toute stigmatisation et ainsi d’avoir une vision et une réflexion plus précises afin d’en restituer avec force un travail visuel profond.

Plusieurs éléments ont été les moteurs de cette création : comprendre l’univers méditerranéen dans lequel je vis, mais aussi construire un labyrinthe dans lequel je peux naviguer, déambuler, me ressourcer, comme une sorte de lieu secret dans lequel je viens puiser mes formes de création, une errance intime qui me permet, non pas de me perdre, mais de me retrouver, enfin créer une œuvre ouverte que je peux explorer de différentes façons et en y inventant de nouvelles créations inépuisables. […]

Récits photographiques ou constellations : chaque récit est constitué de séries de photographies prises sur différents lieux du pourtour méditerranéen traduisant une thématique contemporaine. Sur la carte géographique, je réalise un tracé entièrement subjectif à partir de ces lieux. Lorsque la carte disparaît, le tracé devient une représentation imaginaire et poétique du récit, les lieux sont des étoiles et l’ensemble forme une constellation. Les constellations sont indépendantes les unes des autres et s’entrecroisent.

Toile : l’articulation des constellations tisse une toile photographique, sorte de labyrinthe méditerranéen allant d’Est en Ouest, du Nord au Sud. Cet entrelacement dessine une histoire collective où chaque acteur est présent à travers son histoire individuelle. Je navigue ainsi dans cette toile, où l’errance est intérieure (intime).

En abordant ces espaces imaginaires, je propose une écriture photographique dans un langage poétique nourri de récits photographiques subjectifs et personnels.

Les constellations sont les repères des marins. Mes constellations photographiques montrent, dans un ciel méditerranéen, les voies de la connaissance d’un monde dans lequel je navigue depuis mon lieu de vie, de ma petite enfance à l’âge adulte. Je retrouve toute une mémoire enfouie. C’est le souvenir de soi et des autres, la découverte et la compréhension d’un monde méditerranéen qui m’entoure, la proposition d’une autre mythologie. Mes constellations sont mes guides au-dessus d’une carte confuse, encombrée, sclérosée. Elles interviennent au moment de ma propre perdition. Alors, toujours tourné vers elles, la mer ne peut m’engloutir, je ne peux qu’en revenir grandi souhaitant raconter mon propre périple. […]. »

Franck Pourcel

 

Franck Pourcel

 

Franck Pourcel

 

Franck Pourcel