du lundi 19 février 2018 au samedi 31 mars 2018
Vernissage samedi 17 février 2018

à 18h30

Restitution d’un voyage réalisé en septembre 2017, ce projet d’exposition retrace le parcours Casa-Tanger-Sebta/Ceuta effectué par Caroline Trucco et Camille Franch-Guerra.

Boza, 2017 © Caroline Trucco

 

Au Maroc, le Chergui est un vent chaud du sud Est provenant du Sahara. Il soulève la poussière et brouille la vue, sa violence perturbe les mouvements de navigation du détroit de Gibraltar.

Questionnant leur «privilège de déplacement», celui d’être deux ressortissantes françaises détenant un passeport européen pour réaliser une traversée de territoires et paysages dans le contexte marocain, leur voyage s’est clôturé dans une des enclaves espagnoles, en l’occurrence, Ceuta. Ici, il y avait l’idée d’épouser des chemins de traverse en tentant de pénétrer des zones de transit périphériques, zones instaurées et émergentes appelées les petites Afriques, créées par la communauté migrante subsaharienne. 
L’exposition prendra la forme d’un «dépôt scénographié» constitué d’éléments relatifs à ce parcours géographique marocain, dans le contexte de la brèche migratoire. Des documents produits sur le terrain, à travers plusieurs médiums et expériences vécues, brutes ou réinterprétées à postériori, entreposés au sol, adossés aux murs de la galerie, sans accrochage conventionnel afin de souligner la précarité et la fluctuation de ces circuits. 
Photographies, vidéos, sources sonores ponctuelles, textes, cartes géographiques, objets récoltés, s’entremêleront pour constituer un récit narratif prônant une multiplicité des regards et des expériences de la géographie. Des territoires se relaieront évoquant des crispations autour des frontières à Tanger, Ceuta mais aussi Vintimille et Calais.

Caroline Trucco a été invitée en résidence artistique au Maroc par les commissaires d’exposition Sonia Recasens et Kenza Amrouk pour le projet Ajammar, projet lancé en 2017 et qui se prolongera en 2018. Elle a effectué des recherches sur les croyances extra-occidentales, avec comme terrain d’étude l’île de Sidi Abderrahmane, territoire insulaire au large de Casablanca, appelé aussi l’île aux sorcières. Ces résidences ont donné lieu à une exposition de restitution à l’institut français de Casablanca en décembre 2017, la deuxième exposition aura lieu à la fondation Slaoui de Casablanca en décembre 2018.

Quant à Camille Franch-Guerra, elle a effectué depuis Marseille, une traversée de l’Espagne pour enjamber le détroit de Gibraltar, rejoindre Tanger et Casablanca. La traversée de ces deux pays lui a permis de filmer différents lieux de cultes regroupant, en leur sein, la mise en abyme de religions.

Le parcours Casa-Tanger-Sebta/Ceuta a pu être réalisé grâce au programme de résidence Ajammar, mené par les commissaires indépendantes Kenza Amrouk et Sonia Recasens à Casablanca au Maroc.


Exposition réalisée avec l’aimable soutien du Pavillon Bosio – École supérieure d’arts plastiques de la Ville de Monaco.